lundi 22 mai 2017

"Là où tu iras j'irai" de Marie Vareille


À 32 ans, Isabelle refuse la demande en mariage de Quentin, l'homme qu'elle aime, car elle ne veut pas d'enfant. Désormais célibataire et à la rue, elle n'a plus que Woody-Allen son chihuahua hirsute pour compagnon. Sa seule solution pour s'en sortir, accepter d'utiliser ses talents de comédienne pour séduire Jan Kozlowski et l'empécher de se remarier. Elle qui n'aime pas les enfants va alors être servie, car c'est sous le rôle de nounou qu'elle part en Italie dans la maison de vacances des Kozlowski afin de s'occuper des enfants. Les deux semaines de vacances idylliques qu'elle s'était imaginées sous le soleil d'Italie, ne seront pas de tout repos et surtout sa rencontre avec Nicolas, un petit garçon de 8 ans, va bouleverser bien des choses.

Comment passer à côté de ce titre de Marie Vareille ? Impossible tout simplement, alors moi aussi, je me suis plongée dans Là où tu iras j'irai et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai beaucoup aimé faire ce voyage.

Nous faisons donc la connaissance d'Isabellle, et dès le début on peut dire que c'est une jeune femme haut en couleurs. Avec sa rupture avec Quentin, elle se doit d'essayer d'avancer coûte que coûte et accepte donc cette étrange mission que lui a confiée une jeune adolescente. En prenant la direction de l'Italie, elle va devoir se confronter à des enfants elle qui ne les supporte pas, et on se demande bien de suite comment tout cela va se passer. En faisant la connaissance des enfants Kozlowski, Adriana, Zoé et Nicolas, mais aussi surtout de la grand-mère qui veille sur eux, on se dit que ces deux semaines à venir vont être des plus rythmées et c'est le cas de le dire !

Sur ce roman, il y aurait tellement à dire... C'est l'histoire d'une famille qui ne se comprend plus après le décès de la maman, c'est une histoire d'amour qui n'aurait pas dû se terminer, c'est la rencontre entre Isabelle et Nicolas et qui va l'aider à sortir de son mutisme, c'est une belle-mère détestée et incomprise peut-être en vain, c'est une grand-mère sur protectrice ou encore des sœurs qui ne dialoguent plus entre elles, en fait, c'est l'histoire de la vie et de plusieurs vies qui se croisent. Ça peut paraître beaucoup et confus et pourtant tout est lié, tout est fluide, tout découle des pages naturellement.

"On n'a jamais le bon âge de toute façon. On passe son enfance à trouver qu'on est trop jeune et le reste de sa vie à penser qu'on est trop vieux."

Nous nous attachons à Isabelle, tout autant qu'à Nicolas. Nous sommes sensibles face à la douleur que chaque enfant cache au fond de soi à sa manière, sensibles face aux efforts que va mettre en place Isabelle pour les aider. L'auteure sait aborder doucement des sujets plus délicats tout en gardant une certaine légèreté. Les dialogues relevés et les piques d'humour tout au fil des pages, ne manquent pas de nous faire parfois véritablement éclater de rire.

"Elle lui a fait subir un lavage de cerveau à base de sexe tantrique et de smoothies vegan. Il n’y a que son fric qui l’intéresse, elle a l’âge d’être sa fille et le charisme d’une poubelle de salle de bains."

L'écriture de Marie Vareille est fraîche, rythmée, piquante d'humour, douce de sentiments, et même légèrement acidulée. L'auteure plonge le lecteur dans son histoire dés les premières pages, et ce, jusqu'à la fin sans temps mort. Nous ne voyons pas les chapitres passés, nous sourions et rions plus d'une fois et nous avons l'impression d'être aux côtés de ces personnages à qui nous nous sommes attachés durant ces deux semaines dans la maison familiale d'Italie.

Il y a une scène dans ce livre avec une sacrée dégustation de glaces, et bien ce roman, c'est un peu ça. On n'a pas le droit à un seul parfum dont on doit se contenter, non, on a le droit à tous les parfums du magasin au fil des pages et on se délecte de chacun, les appréciant tout autant. Là où tu iras j'irai, c'est parfaitement ça, un assortiment de saveurs et d'émotions qu'on prend plaisir à déguster et parfois à dévorer, pour en ressortir à la toute dernière page avec un grand sourire sucrée aux lèvres. Un vrai coup de coeur.

Là où tu iras j'irai est le roman feelgood par excellence ! On passe un excellent moment de lecture, car tous les ingrédients sont réunis : des personnages attachants, de l'humour, une histoire qui tient la route, des émotions, de l'amitié, de l'amour et un sourire sur les lèvres durant notre lecture. Ce roman ne manquera pas d'embellir vos journées d'été, et pour les jours un peu gris, il les ensoleillera.

"Même si c'est vrai que je n'aime pas les enfants. Mais pas toi. Parce que toi, tu es comme un anniversaire le lundi soir, comme les soirées Mojitos Gratos au King. Tu es une Free Daïquiris Party au Wiki. [...]Toi, tu es l'exception qui confirme ma règle."

N'hésitez surtout pas ! Là où tu iras j'irai de Marie Vareille est disponible aux Éditions Mazarine.

Merci à NetGalley & Mazarine.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
plaisir(s)
Italie
amour
famille
sentiments.

"Le jour où j'ai appris à vivre" de Laurent Gounelle


Alors qu'il se promène un jour sur les quais de San Francisco, la route de Jonathan croise celle d'une Bohémienne. Lorsque celle-ci lui lit les lignes de la main, elle se fige soudain et ce qu'elle lui révèle va changer sa vie. Dès lors, Jonathan bouleverse son quotidien et ses habitudes, et rien ne sera plus jamais comme avant.

J'avais déjà lu un roman de Laurent Gounelle il y a quelques mois et j'en étais ressortie avec un avis assez mitigé. En ayant encore deux dans ma PAL, dont Le jour où j'ai appris à vivre, j'ai renouvelé l'expérience sans pour autant en ressortir plus convaincue.

Nous faisons donc la connaissance de Jonathan, récemment séparé, il travaille dans les assurances et mène une vie plutôt ordinaire, jusqu'à cette fameuse rencontre. En parallèle, nous faisons aussi la connaissance d'autres personnages secondaires, sans savoir vraiment à quoi ils vont nous mener bien que tous liés entre eux d'une certaine façon. Personnellement, aucune surprise quant à la déclaration de la Bohémienne, en lisant le résumé, je me doutais de ce que celle-ci pouvait réserver et je ne me suis pas trompée. On assiste alors au bouleversement complet de la vie de Jonathan et on se plaît à le voir revoir ses priorités et à apprécier pleinement ce qui lui semblait auparavant anodin.

Le jour où j'ai appris à vivre, c'est ça. C'est la mise en avant du changement de vie, de priorités, après un événement ou une épreuve. C'est se rendre compte que nous ne menons pas vraiment la vie que nous souhaitons, que nous nous mentons à nous-même parfois et c'est cette faculté à ouvrir les yeux. Le roman nous amène, en même temps que son personnage principal, à nous poser bon nombre de questions, gentiment sans brusquer le lecteur.

"Nous sommes des êtres complets et la nature nous amène à le ressentir profondément, alors que la société crée en nous le manque. Elle sait nous faire croire et nous faire ressentir qu'il nous manque quelque chose pour être heureux. Elle nous interdit d'être satisfaits de ce que nous avons, de ce que nous sommes. Elle ne cesse de nous faire croire que nous sommes incomplets."

Laurent Gounelle a cette faculté à travers ses histoires à amener son lecteur à se poser les bonnes questions, à se projeter lui-même dans les situations que traversent ses personnages. C'est ce point-là que j'aime chez cet auteur. En revanche, je n'arrive pas à adhérer à son écriture que je trouve parfois très (trop ?) philosophique. Les conversations entre Jonathan et sa tante m'ont paru tellement longues... Je comprends que c'est cela qui plaît beaucoup dans l'écriture de Laurent Gounelle dans ce que j'ai pu lire ici ou là, mais personnellement, c'est quelque chose que je n'arrive pas. Je me suis retrouvée freiné dans ma lecture après cela, et impossible ensuite de replonger pleinement dans l'histoire.

Au final, une nouvelle fois, avec Le jour où j'ai appris à vivre, je ressors de ma lecture avec toujours cet avis plutôt mitigé. Autant, j'aime les messages véhiculés à travers cette histoire, mais autant, j'ai toujours un peu de mal avec l'écriture de Laurent Gounelle. J'ai encore un livre de cet auteur à lire, je le lirais un jour, c'est sur, mais je me laisse un peu de temps pour cela.

Si vous avez l'occasion néanmoins de découvrir Laurent Gounelle, n'hésitez pas ! Car vous trouverez forcément un intérêt et un petit plaisir à le lire.

""Et tu sais, ce qui est troublant, dans la vie, c'est que tout ce qui nous arrive, en positif comme en négatif, en joies comme en drames, sert secrètement un seul but : éveiller notre conscience, car c'est seulement là que nous devenons pleinement nous-mêmes."

Le jour où j'ai appris à vivre de Laurent Gounelle est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
prédiction
vie
remise en question
plaisir
choix.

C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
le prochain roman de Charlie Wat

Je suis en train de lire
Une surprise de taille d'Ann Gospel

Je lirai ensuite
Meurtres à Pooklyn de Mod Dunn.

dimanche 21 mai 2017

"L'homme idéal existe. Il est québécois" de Diane Ducret


Elle a la trentaine, elle est célibataire et elle n'a pas encore trouvé l'homme idéal. Selon ses expériences, il ne serait ni basque ni parisien. Après une rencontre dans une galerie, elle se demande s'il ne serait pas québécois... Après une soirée en compagnie de cet "Apollon québécois", elle n'hésite finalement pas longtemps à tenter l'aventure et part une semaine chez lui au Québec. Le froid, l'enfant de 5 ans, la ballade en traîneau et les expressions typiquement québécoises auront-ils raison de cet homme idéal ?

J'avais remarqué ce titre à sa parution initiale, sa sortie en poche et sa nouvelle couverture ont fini de me convaincre d'aller à la rencontre de cet homme idéal québécois de Diane Ducret.

L'homme idéal existe. Il est québécois. est un livre court, de moins de 160 pages, qui offre une histoire simple, légère et fraîche, très fraîche même depuis le Québec et ses températures glaciales. L'idée en elle-même de cette quête de l'homme idéal n'est pas des plus originale. Ce qui l'est, est entre les pages de ce livre. C'est le ton de Diane Ducret dans le récite de cette folle aventure amoureuse. C'est piquant, ironique même un peu, alors certes les caricatures sont nombreuses, mais franchement personnellement, j'ai trouvé ça trop drôle.

Les incompréhensions entre notre Française et notre Québécois offrent des comiques de situation qui font véritablement éclater de rire, le vrai rire qui sort sans qu'on puisse le contrôle. Nous croisons bon nombre d'expressions québécoises qui, comme notre héroïne, nous laissent parfois perplexes ou nous paraissent incongrues. Je vous en mets quelques exemples d'ailleurs :

"– J’ai mal nulle part, je capote ben raide sur toi.                                        J’ai l’esprit mal tourné ou ces deux mots dans la même phrase, c’est carrément obscène ? Non, ça a l’air d’un compliment dans sa bouche. Un peu scabreux, certes. Je ne comprends pas tout, mais c’est vraiment charmant ce langage, c’est frais."

"– Te mets pas sur ton trente-six, c’est juste un dîner comme ça, à la bonne franquette.  – Tu veux dire, sur mon trente et un ?  – C’est trente et un seulement chez vous ?  – Mais comment ça, seulement ? Il n’y a pas trente-six jours dans un mois ! Vous ne savez même pas compter ?  – Mais ça n’a rien à voir avec les jours du mois !  – De toute façon, vous vous mettez sur votre trente et un tous les trente-six du mois, vous êtes en jogging tout le temps !  – Tu veux y aller en jogging ?! Arrête de faire ta mâche-patate, tu seras bien attriquée ce soir !  – On vous donne un belle langue et regarde ce que vous en faites ! Sans rire, on dirait que vous parlez en vitesse accélérée, vous prononcez pas les mots, vous les mâchez comme du chewing-gum !  – Tu veux dire comme de la gomme à mâcher ?!"

Les réflexions également que font la jeune parisienne prêtent vraiment à sourire tout comme ses péripéties, et mine de rien notre cher québécois est vraiment plus que charmant. L'auteure met en avant les qualités de celui-ci, la douceur et la galanterie des Québécois.

Il s'agit du premier roman de Diane Ducret que je lis, et l'auteure signe ici une histoire originale, amusante, qui prête à sourire et rire plus d'une fois. Son écriture est simple, légère, fluide et agréable pour un livre qui l'est tout autant. La fin laisse aussi une porte ouverte au lecteur des plus plaisante, qui permet d'imaginer bon nombre de possibilités (une suite ?).

L'homme idéal existe. Il est québécois. se lit rapidement et est un vrai moment de détente. Je vous le conseille afin de passer un bon moment dans les contrés québécoises et qui sait, rencontrer ce fameux homme idéal entre deux éclats de rire.

L'homme idéal existe. Il est québécois. de Diane Ducret est disponible aux Éditions J'ai Lu.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
rire
rencontre
voyage
froid
expressions.

vendredi 19 mai 2017

"Avant de t'oublier" de Rowan Coleman


Lorsque les premiers symptômes d'Alzheimer se font sentir, Claire est encore jeune, elle a deux filles, Caitlin 21 ans qui entre à l'université et Ruth qui a seulement 3 ans. Peu à peu, la maladie s'accentue, effaçant ses souvenirs, lui faisant oublier le nom de ses enfants, de son mari, son propre nom même. Son mari, sa mère, ses filles, chacun s'efforce d'entourer Claire dans son quotidien et de l'aider à l'apprivoiser chaque jour qui passe. La maladie a un impact sur tous à divers degrés, sa mère Ruth a tout quitté pour l'aider au quotidien, son mari Greg doit apprendre à vivre avec celle qu'il aime, mais qui le prend pour un parfait inconnu ou encore Caitlin qui veille un peu plus chaque jour sur sa petite soeur. Claire entame donc un journal, un carnet dans lequel elle va noter chaque souvenir qui lui revient en tête afin de laisser cela à ses filles et son mari quand elle ne se souviendra plus de rien. Toute la famille finira par y écrire dedans, et alors que tout semble voler en éclats dans cette famille, ce carnet sera salutaire pour tous.

C'est un des nombreux livres que j'avais acheté lors de la Grosse Op de Bragelonne il y a de cela un bon moment. J'avais choisis Avant de t'oublier de Rowan Coleman d'abord pour sa couverture et ensuite pour son résumé.

En plongeant dans ce roman, on entre totalement dans la famille de Claire et son quotidien, quotidien bien entendu bouleversé par la maladie pour elle et son entourage. On fait alors face à cela, face aux difficultés, face aux trous noirs qui saisissent Claire et qui lui font perdre toute connaissance (des prénoms de ses enfants à l'utilité des objets de tous les jours), mais aussi face au soutien de tous et de tout instant.

Il est difficile d'être confronté à une maladie telle qu'Alzheimer dans les romans, et encore plus quand il s'agit d'un Alzheimer précoce pour une maman qui a encore beaucoup de choses à vivre. On ne sombre pour autant pas dans la déprime dans notre lecture, bien sûr, nous sommes touchés, émus même à certains passages, mais le journal de souvenirs nous fait sourire et certaines situations également.

Avant de t'oublier, malgré son sujet difficile, est aussi une leçon de vie, d'espoir et de combat. Il met en avant comment Claire se bat au quotidien avec la maladie pour essayer de ne pas tout oublier trop vite, comme Ruth sa mère a tout entre parenthèses pour s'occuper d'elle, comment Greg son mari surmonte les épreuves et la douleur d'être redevenu un inconnu ou encore comment Caitlin fait face à cela et tente aussi de concilier passé et présent. On se pose aussi la question de savoir si cette histoire se terminera bien ou mal au fil des pages, et ça... à vous de le découvrir !

Rowan Coleman réussit à traiter un sujet délicat avec pudeur, douceur et délicatesse sans jamais tomber dans le pathos. L'auteure met aussi bien en avant les difficultés que rencontrent alors les familles, encore plus quand les enfants sont encore jeunes, mais aussi l'espoir qui se dégage malgré tout de chacun. Tous savent que la chute est irrémédiable, que rien ne pourra faire basculer les choses, mais le soutien qui entoure Claire et que chacun offre à chaque membre de sa famille est très fort. Je dois souligner également qu'un certain point de l'histoire, a été une véritable surprise et a su énormément me toucher.

Je ne peux que vous conseillez de lire Avant de t'oublier de Rowan Coleman. L'histoire vous touchera forcément, mais vous offrira également de très jolis moments et des petites lueurs d'espoir dans cette terrible épreuve.

Avant de t'oublier de Rowan Coleman est disponible aux Éditions Milady.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
Alzheimer
mère
famille
souvenirs
soutien.

jeudi 18 mai 2017

"La délicatesse du homard" de Laure Manel


Lorsque François rencontre Elsa, il la découvre plutôt. C'est lors d'une promenade à cheval qu'il découvre la jeune femme inconsciente sur la plage. Mue par un instinct, il la ramène chez lui afin de la soigner. À son réveil Elsa est peu encline à parler d'elle, à expliquer pourquoi elle se retrouvait dans cette situation, et François porté par son bon cœur décide de lui laisser le temps de se remettre chez lui. Entre François et Elsa commence alors une cohabitation particulière. Ils vont mettre du temps à s'apprivoiser, à oser se parler vraiment et à se dévoiler surtout. Chacun porte des secrets qui les rongent petit à petit et il va en falloir du temps avant qu'ils réussissent à se comprendre vraiment...

Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre voyant à de nombreuses reprises le nom de Laure Manel, mais également le titre de celui-ci. Que pouvait réserver un roman avec ce fameux La délicatesse du homard ? Et bien un roman tout en douceur qu'on lit avec délectation...

Ce roman, c'est l'histoire d'Elsa qui est donc sauvée de la plage par François, mais c'est aussi l'histoire de ces deux personnages. Ces deux personnages sont différents l'un de l'autre, François passe la plupart de son temps auprès de ses chevaux et semble être un célibataire endurci et quelque peu renfermé, Elsa, quant à elle, est réservée, semble vouloir éviter à tout prix de profiter de la vie et n'est pas prête à se laisser approcher. C'est l'histoire de deux âmes égarées, deux âmes meurtries qui se rencontrent et qui vont essayer de s'habituer l'une à l'autre.

""Ce que je veux dire, c’est qu’à toujours réfléchir, se poser des questions, se torturer l’esprit, on n’avance pas, on n’entreprend rien. Il faut laisser un peu le risque entrer dans sa vie, ou saisir une chance au vol, c’est la même idée. Je crois foncièrement que la vie est mouvement et qu’il ne faut pas toujours chercher à figer, nommer, définir les choses... C’est un peu comme si tu étais sur une planche de surf et que tu trouvais la vague : il faut juste se laisser porter sans chercher à déterminer la destination, calculer le point d’arrivée."

Roman porté par leurs deux voies, La délicatesse du homard offre une histoire portée par l'espoir, par la vie qui doit retrouver son bel éclat. Le lecteur navigue d'Elsa à François et découvre les failles de l'un et de l'autre au fil des pages. On comprend qu'ils ont tout les deux une histoire lourde, une histoire qui les empêche d'avancer et on en vient à espérer qu'ils pourront apporter ce qu'il manque à l'autre et à le faire sortir de sa carapace. Peu à peu, avec patience et douceur, ils se livrent, se délivrent de leur passé chaotique et de leur détresse et peu à peu, ils commencent à reprendre goût à la vie, et même... à l'amour. En plus grâce aux mots de l'auteure, nous imaginons à merveille ce bord de mer, ces plages de Bretagne et ce haras habité par la passion.

L'écriture de Laure Manel est un véritable petit bijou ! Chacun de ses mots et de ses phrases est porté par de la douceur, de la tendresse, de la délicatesse et est empreint d'émotions. L'auteur livre une histoire riche et intense, par ses personnages et ce mystère qui existe autour d'Elsa. La délicatesse du homard se lit avec énormément de plaisir, nous offre une dose de positivité et d'espoir, et de très belles heures de lecture. En le terminant, après cette fin, on en redemande parce que ça fait beaucoup de bien tout simplement !

Vous l'avez compris, La délicatesse du homard est un coup de cœur ! Ce roman doux, tendre, qui sent bon l'air iodé de Bretagne a su me toucher. Ses personnages sont terriblement attachants dans ce qu'ils sont, dans leur histoire, mais également dans la relation qu'ils entretiennent. Ils nous font sourire, nous émeuvent et nous les accompagnons dans cette parenthèse. Laure Manel ne vous laissera pas indifférent avec son roman, elle sait emmener le lecteur dès le début pour le relâcher qu'aux toutes dernières pages avec un petit sourire de satisfaction.

"Ici j’ai fait la paix avec mon passé. J’ai pu panser mes blessures. Il est là comme il est, les cicatrices sont des témoins de plaies refermées. J’accepte ce qui a été. Je rêve de ce qui pourrait être..."

N'hésitez pas un seul instant ! Prenez la direction de la Bretagne avec La délicatesse du homard et appréciez ce doux moment en compagnie de François et d'Elsa.

La délicatesse du homard de Laure Manel est disponible dès aujourd'hui aux Éditions Michel Lafon.

Merci à NetGalley & Michel Lafon.

"La seconde qui suit chaque seconde est déjà l'avenir, et tu le tisses sans même t'en rendre compte."

5 mots en bref pour décrire ce livre :
rencontre
(nouveau) départ
Bretagne
apprivoiser
aller de l'avant.

"Au paradis des manuscrits refusés" d'Irving Finkel


En plein cœur de la campagne anglaise, une bibliothèque intrigante est tenue par des passionnés. Dans cette bibliothèque point de best-sellers, seuls des manuscrits refusés qui n'ont jamais été publiés y ont leur place. Jalousement conservés par une bande singulière qui forme une véritable petite communauté, ces livres, et même ces journaux intimes sont de véritables excentricités. Mais si tout parait calme en apparence, ces livres refusés attirent quand même l'attention et les bibliothécaires feront tout pour les protéger.

C'est le titre du roman qui m'a particulièrement intriguée et sa couverture aux livres tout colorés. En plus d'être un roman à l'histoire des plus originales, Au paradis des manuscrits refusés s'avère être aussi une déclaration d'amour aux livres en tous genre.

Sous la direction du Dr Patience, le conservateur en chef, on part donc découvrir cette bibliothèque qui attise notre curiosité. Entre les rayonnages et les classements, nous ferons aussi la connaissance de tous ceux qui partagent cette même passion pour les livres refusés. De la poésie aux journaux intimes en passant par la fiction ou les autobiographies, tous les livres y trouvent leur place dans cet endroit des plus particuliers.

"Il aimait ce sentiment diffus que la Bibliothèque était respectée des autochtones - qu'il considérait en privé comme de frustres tâcherons - sans que ceux-ci aient la moindre idée de ce qui se passait à l'intérieur de leurs murs."

On plonge dès les premières pages avec délice dans cet univers où les livres sont presque au cœur de tout. Avec des personnages hauts en couleur et parfois même très excentriques, le roman est porté par un humour british des plus plaisants. Entre les situations cocasses qui rythment les pages, les répliques parfois même saugrenues, vous ne finirez pas de rire et sourire à la lecture de ce roman.

Comment l'idée de créer une bibliothèque des manuscrits refusés peut-elle germer ? On se pose la question, mais à vrai dire rapidement, on aimerait vraiment pouvoir aller y flâner, dénicher des écrits sûrement loufoques, peut-être nuls (s'ils ont été refusés par les maisons d'édition peut-être en est-ce une raison ?!) mais qui nous donneraient ce sentiment d'exclusivité. Qui n'a jamais été tenté de lire le journal intime de quelqu'un poussé par une terrible curiosité ? Dans cette bibliothèque, c'est même possible ! Chaque écrit, peu importe le genre y a sa place.

"Mais le journal intime ! C'est à ce compagnon de la nuit, compatissant, attentif et discret que l'on confie la vérité. Des confidences libératrices, tourmentées ou joyeuses, mais toujours sincères. Des paroles surgies d'outre-tombe, qui disent les peurs, les espoirs, les modestes ambitions. Tous ces mots sont assurément précieux - comment ne pas vouloir les préserver ?"

Avec ce roman Irving Finkel nous livre aussi une véritable déclaration d'amour aux livres. Peu importe le genre, peu importe qu'il ait été publié ou non (surtout pas publié dans cette histoire) chaque livre mériterait d'être lu au moins une fois. Pour tous les amoureux de livres, cette histoire devrait leur plaire et tout comme moi, ils aimeraient pouvoir y passer quelques heures pour y faire des découvertes...

Au paradis des manuscrits refusés d'Irving Finkel est disponible aux Éditions JC Lattès et dès aujourd'hui aux Éditions 10/18.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
passion
livres
humour
communauté
curiosité.