vendredi 21 juillet 2017

"On met longtemps à devenir jeune" de Christine Jusanx


À tout juste 59 ans, Jeanne débute sa vie de retraitée. Elle décide alors d'enfin réaliser son rêve, vivre près de la Tour Eiffel et pour cela, elle poste une petite annonce afin de partager l'appartement de ses rêves avec un jeune étudiant étranger si possible. Vive et pétillante, Jeanne se lance alors dans l'aventure de la colocation et une nouvelle vie pour s'autoriser enfin de nouvelles expériences...

Après les nombreuses très belles lectures faites ces derniers mois avec des romans de chez Michel Lafon, en découvrant ce titre et cette couverture je n'ai pas hésité une seule seconde à vouloir me plonger dans On met longtemps à devenir jeune de Christine Jusanx.

C'est donc Jeanne, l'héroïne de ce roman ! À tout juste 59 ans, cette jeune retraitée veut profiter pleinement de sa vie et de ce qu'elle n'a pas encore accompli jusque-là. Son projet le plus fou est donc de vivre à côté de la Tour Eiffel, sans hésiter vraiment elle se lance alors à la recherche de l'appartement idéal pour le partager en colocation. Cette colocation va être pour elle l'occasion d'y cohabiter avec un jeune étudiant brésilien, puis un jeune papa divorcé. L'expérience de Jeanne va être utile plus d'une fois à ces hommes, tout comme eux le seront pour elle. Cette nouvelle vie, c'est un rêve qui se réalise et qui réserve bien des surprises.

Jeanne, cette très chère Jeanne que nous accompagnons au fil des pages. Pétillante, profitant de la vie et pleine de ressources, on s'attache forcément à elle. Au fil des rencontres et des jours, son quotidien est secoué, mis à mal parfois, mais elle se relève toujours.

On met longtemps à devenir jeune, n'est pas vraiment le roman finalement auquel je m'attendais. Moi qui imaginais une aventure folle après la lecture du résumé, ce ne fut pas le cas. Ce livre, c'est une ode à la sagesse de l'âge, une ode au temps qui passe et à ce temps de la retraite redouté pour certains et salutaire pour d'autres. Avec cette part de vie de Jeanne, ses rencontres, c'est un roman tout doux, mais sans réelle surprise.

"Mais qu'est-ce que vieillir ? Est-ce vraiment devenir sage ? N'est-ce pas plutôt simplement pouvoir enfin relativiser toute chose ? En ayant appris à tirer les enseignements du passé. En ayant envie de transmettre ces leçons que l'existence vous a données et de partager le meilleur."
L'écriture de Christine Jusanx est agréable, douce et découle naturellement au fil des pages. L'auteure livre une histoire qui fait sourire, qui reflète parfaitement la vie et ses surprises. Point de grand suspens au fil des pages en revanche, tout y est tellement écrit (les moindres détails, les actes qui s'enchaînent) que cela laisse peu de place au lecteur pour finalement s'imaginer l'histoire une fois la lecture commencée. On sait où tout cela va nous mener, chaque chapitre s'emboîte avec le précédent avec simplicité.

On met longtemps à devenir jeune est un livre frais, sympathique avec un personnage principal qui change un peu de ce que nous pouvons lire habituellement. Une femme d'âge mûr qui, a 59 ans, décide de bouleverser son quotidien en réalisant ce vieux rêve, preuve qu'il n'y a pas d'âge pour profiter pleinement de sa vie ! Christine Jusanx propose une histoire qui se lit facilement et qui devrait plaire à tout type de lecteurs, jeunes ou moins jeunes.

On met longtemps à devenir jeune de Christine Jusanx est disponible aux Éditions Michel Lafon !

Merci à NetGalley & Michel Lafon.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
Paris
maturité
femme
rencontres
vie.

jeudi 20 juillet 2017

"Les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand


Lors d'un terrible accident de voiture, Diane perd son mari et sa fille. Tout se fige alors dans sa vie, plus rien ne semble avoir de sens pour elle. Elle s'enferme dans ses souvenirs, dans ce passé si heureux qui s'est brusquement arrêté et ne sort plus de chez elle. Mais maintenant pour Diane, il serait temps de se reconstruire. Elle fuit alors son entourage et s'exile seule en Irlande au bord de la mère afin d'essayer de retrouver un semblant de goût à la vie.

J'avais déjà lu un roman d'Agnès Martin-Lugand il y a quelque temps, il s'agissait d'Entre mes mains le bonheur se faufile que j'avais beaucoup apprécie, et Les gens heureux lisent et boivent du café attendait depuis longtemps dans ma PAL. J'ai alors décidé de le sortir après quelques hésitations et je me suis plongée dedans.

"Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux."

En rencontrant Diane, nous rencontrons une femme bouleversée après ce terrible drame et qui n'arrive pas à s'en remettre. Nous comprenons sa douleur, ce besoin de rester chez elle là où elle était le plus proche de son mari et sa fille, mais nous comprenons tout autant le besoin de Félix, son meilleur ami, de la revoir prendre pied. C'est ce qui la pousse à partir loin de tout et de tous en Irlande, pour essayer de retrouver un sens à sa vie, essayer de remonter la pente et d'aller de l'avant. C'est un véritable combat que mène Diane et auquel nous assistons.

"Je m'habillais en Diane, un jean, un débardeur et un pull près du corps. J'eus le sentiment d'étouffer. Je me débattais pour retirer le pull et attrapai le sweat à capuche de Colin, je l'enfilai et respirai de nouveau. je le portais déjà avant sa mort, je m'en accordais encore le droit."

Les premières pages sont déchirantes, elles nous plongent dans le drame qu'a vécu Diane, dans ce qu'est devenu sa vie et forcément, nous nous attachons à elle. Comment survivre après un tel drame ? Comment avancer ? On se pose la question bon nombre de fois, encore plus avec cette histoire. Mais plus nous avançons dans l'histoire, dans cet épisode en Irlande, plus le roman prend une toute autre tournure à laquelle je ne m'attendais pas tellement. En fait, après avoir lu tellement de très bons avis sur ce livre, je m'attendais surement un peu à autre chose. Autant le début est touchant, et même terriblement bouleversant, mais autant la suite, j'aurais apprécié y retrouver tout autant de profondeur et d'émotions.

Alors certes le sujet est délicat et sensible, certes Diane a une histoire douloureuse, mais il me manquait un petit quelque chose pour que je sois totalement emmenée dans cette histoire. J'ai apprécié les rencontres qu'elle fait en Irlande, ces instants où elle jongle entre gros moments de désespoir et instants de lumière, ce que lui apporte même Edward, mais plus de choses méritaient d'être approfondies à mon goût.

"Il faut d'abord que je me reconstruise,que je sois forte, que j'aille bien, que je n'ai plus besoin d'aide. Après çà, seulement, je pourrai encore aimer."

L'écriture d'Agnès Martin-Lugand est cependant agréable, simple et a une certaine sensibilité. Elle fait de Diane un personnage auquel on s'attache, qu'on a envie d'aider même. Mais je n'ai pas autant apprécié ce livre que Entre mes mains le bonheur se faufile, certainement du au fait que j'ai tellement entendu parler de ce livre en des mots si dithyrambiques. Roman relativement court, moins de deux cent pages, Les gens heureux lisent et boivent du café se lit facilement et rapidement, mais je crains qu'il fasse partie de ces livres que j'oublierais certainement au fil du temps...

Néanmoins, je vous invite vraiment à faire votre propre avis sur ce livre ! Certains adorent Les gens heureux lisent et boivent du café, tout autant que d'autres l'ont presque détesté. Pour ma part, ce fut une lecture en demi-teinte, mais ayant d'autres romans d'Agnès Martin-Lugan je n'hésiterais pas tout de même à lire de nouveau cette auteure pour découvrir ce qu'elle réserve d'autre..

Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
perte
deuil
lutte
quotidien
reconstruction.

mercredi 19 juillet 2017

"Sous l'aile du concombre" d'Henri Girard


Hubert est un célibataire endurci. Ce quadragénaire consultant en ressources humaines plaît pourtant à beaucoup de femmes, mais il ne s'attache à aucune d'elles. Hubert ne sait pas dire, je t'aime, ne sait pas montrer ses sentiments, peut-être est-ce dû au fait que l'exemple de ses parents ne lui donne pas envie de se lancer. Hubert est vraiment ce qu'on appelle, un bancal du sentiment.

Sous l'aile du concombre, quel drôle de titre n'est-ce pas ? Et que pouvait donc se cacher derrière ce titre d'Henri Girard ? Et bien une histoire touchante qui fait réfléchir sur cette simple petite phrase qu'est "Je t'aime".

Hubert est en fait un "vieux garçon", un homme qui semble être un célibataire endurci, mais quand on gratte un peu sa carapace, on découvre finalement presque un mal-être, et surtout un véritable blocage avec ce qu'on appelle l'amour. En grattant un peu plus et au fil des pages, on en découvre l'origine, on comprend mieux ce personnage haut en couleur auquel on s'attache.

Sous l'aile du concombre, c'est l'histoire de l'amour, pas une histoire d'amour non, l'histoire de quelqu'un qui ne sait pas dire, je t'aime, qui ne sait pas exprimer ses sentiments et qui pourtant en cache beaucoup au fond de lui. Hubert nous fait sourire, nous émeut aussi et fait qu'on se pose également quelques questions. En plus de l'amour, sont abordés les liens familiaux qui sont parfois des plus complexes, l'amitié qui se cache parfois dans des personnes à qui on ne pense pas vraiment ou encore des non-dits qui sont parfois blessants et empoisonnent l'existence.

Henri Girard à travers son roman allie poésie, humour et tendresse. L'auteur joue avec les mots pour parler des petits ou grands maux du quotidien et de l'amour. Il cache dans les pages de son roman une histoire plus profonde qu'elle n'en a l'air, plus tendre qu'on le pense et qui finit par nous toucher (les dernières phrases m'ont personnellement très émue).

Sous l'aile du concombre saura vous faire apprécier les petites attentions qui cachent parfois beaucoup plus de choses qu'un "Je t'aime" et vous plongera dans une histoire qui vous touchera plus que vous ne pouviez l'imaginer. Et le concombre dans l'histoire ? Et bien le concombre est bienveillant, mais je vous laisse le découvrir pour l'apprécier pleinement...

Sous l'aile du concombre d'Henri Girard est disponible à L'Atelier Mosésu.

Merci à Cécile et à L'Atelier Mosésu.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
célibat
famille
sentiments
vie
profondeur.

mardi 18 juillet 2017

"Les délices d'Eve" d'Emilie Collins


Eve est une vraie passionnée de pâtisserie. Étudiant dans une prestigieuse école de Paris, elle ne rêve que de faire carrière dans une des prestigieuses enseignes de la capitale. Lorsqu'un soir, elle rencontre le charmant Zacharie Beauregard, elle passe une nuit passionnée avec celui-ci. Mais au retour le lundi, qu'elle n'est pas sa surprise en découvrant que non seulement Zacharie est un célèbre talent de la patisserie, mais qu'en plus il est son nouveau professeur. La jeune femme doit alors essayer de doser les choses entre sa carrière et ses sentiments pour essayer de mener les deux à bien. Mais est-ce vraiment possible ?

Une jolie couverture et une romance de la Collection &moi, il n'en fallait pas plus pour que Les délices d'Eve d'Emilie Collins attire mon attention.

Nous faisons donc la rencontre d'Eve, une jeune femme passionnante et passionnée. Elle vit dans la capitale avec son frère et si elle est passionnée de pâtisserie, lui l'est de cuisine. Ils partagent leur quotidien, sont très proches et ont tous les deux le même objectif. Alors quand Zacharie fait irruption dans la vie d'Eve, c'est tout son quotidien qui est bousculé. Entre ses collègues qui finissent par lui mener la vie dure et Zacharie qui semble ne pas vraiment savoir ce qu'il veut, Eve est prise entre deux feux et la jeune femme risque de se brûler les ailes.

C'est une romance placée sous le signe de la pâtisserie, qui est douce et sucrée et qui nous offre une très jolie histoire à consommer sans hésiter. La passion y est présente à chaque page, aussi bien la passion pour la pâtisserie dont nous nous délectons avec gourmandise, que la passion amoureuse qui nous fait légèrement rêvasser et Emilie Collins réussit à allier les deux. On s'attache à Eve et Zacharie, plus à Eve tout de même et à sa ténacité à se battre contre les autres pour réussir, on apprécie le fait qu'ils donnent tout pour leur passion. Mais ce n'est pas une histoire d'amour où tout semble pouvoir se dérouler sans accroc, Les délices d'Eve, ce sont aussi des quiproquos qui s'enchaînent.

Emilie Collins avec une écriture douce, légère et teintée de gourmandise. L'auteure réussit à offrir des pages pleines de sentiments, de passions et de sensualité. Les délices d'Eve se déguste alors en souriant, nous faisant passer un très bon moment. Entre Eve et Zacharie ça pourrait être l'histoire parfaite d'un coup de foudre, ça pourrait. On tourne les pages de ce roman avec délice, comme si un doux parfum sucré s'y échapper. Le fait de mettre autant en avant la passion pour la pâtisserie est un point que j'ai trouvé très original et que j'ai beaucoup apprécié, Emilie Collins d'ailleurs l'associe parfaitement à la passion amoureuse et on s'en délecte réellement.

Les délices d'Eve est une romance douce, qui fait sourire et qui offre un joli moment de lecture. Le livre est idéal pour passer quelques heures de lecture sans prise de tête, pour se laisser porter par une gourmandise qui réveille nos papilles et pour accompagner Eve dans son quotidien. Même si certains petits points ont été prévisibles pour moi, cela n'a rien gâché de ma lecture. Envie d'une douceur sucrée ? De déguster un roman comme on déguste une petite douceur qui laisse du sucre au coin des lèvres ? Alors le roman Les délices d'Eve d'Emilie Collins est idéal pour cela...

Les délices d'Eve d'Emilie Collins est disponible dans la Collection &moi.

Merci à la Collection &moi.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
rencontre
coup de foudre
distance
pâtisserie
surprise.

lundi 17 juillet 2017

"Dix minutes par jour" de Chiara Camberale


Alors qu'elle a tout d'une vie parfaite, le quotidien de Chiara s'écroule quand son mari la quitte, qu'elle perd sa chronique dans un journal local et que toutes ses certitudes volent en éclats. Un an après sa rupture, elle n'arrive toujours pas à remonter la pente. Sa psy lui propose alors un jeu, chaque jour durant un mois, elle va devoir faire quelque chose de complètement nouveau durant dix minutes. Quelque chose de fou ou d'anodin, peu importe, il faut que ce soit nouveau. Chiara consigne alors cette expérience dans un journal et entourée de ses amis, elle tente quelques expériences...

Encore un livre que je sors de ma PAL et que ma sœur m'avait offert il y a de cela quelques mois (ma sœur est une des fournisseuses officielles de ma PAL). Un roman qui, au vu de sa quatrième de couverture, s'annonçait frais et divertissant et ce fut le cas.

Pour Chiara tout s'est donc effondrer après sa rupture et la perte de sa chronique qu'elle chérissait tant. Difficile pour la jeune femme de s'en remettre et on s'en rend rapidement compte. Ce défi de réaliser chaque jour et durant dix minutes quelque chose de nouveau va rapidement devenir un petit défi pour elle, cela commencera par un vernis rose fuchsia et passera par tester une recette, apprendre à conduire ou encore écouter vraiment sa mère. Ce sont bien souvent des petits actes anodins, mais qui vont prendre tout leur sens et qui vont permettre à Chiara d'ouvrir les yeux que nous suivons alors à chaque chapitre, jour après jour.

"Je n’avais rien à perdre : c’était bien là mon problème.
Du coup, c’était l’occasion ou jamais d’essayer.
De commencer le jeu des dix minutes."

L'idée est simple et originale et on se prend rapidement au jeu. On sourit quand Chiara cherche de nouvelles idées, quand elle accomplit ces fameuses dix minutes et surtout quand elle finit par les accomplir en prenant vraiment beaucoup de plaisir. C'est une façon d'aller de l'avant, d'arrêter de se morfondre sur elle et son ancien Mari. On sent que c'est difficile pour elle, on a même envie parfois de la secouer un bon coup quand elle n'a de cesse de geindre sur son sort, mais petit à petit, ce qui n'était qu'un jeu porte ses fruits.

Dix minutes par jour, montre que parfois, ce sont les petits actes, les petites choses et seulement quelques minutes qui peuvent influencer sur nos vies ou notre quotidien. Dix petites minutes, qui semblent ne pas être grand chose, et qui pourtant se révèlent être une part de temps importante. Avec Chiara au fil des jours, tout prend un sens, sa solitude n'en est pas vraiment une quand elle est entourée d'amis qui lui sont chers ou quand sa rue ne lui est pas aussi inconnue que cela quand elle se rend compte qu'elle savait bien qu'il y avait une poissonnerie au coin de la rue.

Chiara Camberale avec son écriture dynamique, rafraîchissante et efficace nous entraîne rapidement dans son histoire. Alors ce ne sont pas les défis fous qu'on peut imaginer, non, ce sont des petites choses anodines du quotidien que nous pouvons tous faire et cela rend le livre tout aussi appréciable. Le lecteur s'imagine alors réaliser le même défi (et pourquoi pas d'abord ?!) et sourit en comprenant que les petites choses sont celles qu'on apprécie le plus au final. Tout est matière à réflexions.

Dix minutes par jour montre que le bonheur, la joie de vivre, la confiance en soi, le renouveau même sont à portée de main pour tous. Il suffit juste de s'accorder le temps de le découvrir au quotidien et de saisir les opportunités que nous offrent la vie, il suffit juste aussi d'oser parfois. Dix minutes par jour est un petit livre qui se lit rapidement, mais qui offre pour quelques heures une histoire tout à fait plaisante qui nous donne aussi envie de s'essayer au quotidien et pour quelques minutes à quelque chose de nouveau... N'hésitez pas à découvrir ce roman ! Il aura parfaitement la place dans votre valise pour cet été.

Dix minutes par jour de Chiara Camberale est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
thérapie
temps
défi
nouveautés
(aller de l') avant.


C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
La dernière lettre de son amant de Jojo Moyes

Je suis en train de lire
Forbidden de Tabitha Suzuma

Je lirai ensuite
Un livre de la rentrée littéraire 

samedi 15 juillet 2017

"Les jours areuh" de François d'Epenoux


Trois heures du matin, c'est l'heure du biberon pour Oscar âgé de seulement quelques semaines, c'est le moment d'un tête-à-tête entre un père de 50 ans et son jeune nourrisson. Le temps de plusieurs dizaines de minutes, le temps pour ce petit homme de téter tantôt goulument et tantôt avec douceur son lait, l'homme va en profiter pour échanger un instant empli de silence où pourtant les mots résonnent au fil de ses pensées. Un instant de bonheur, de partage dans lequel se mêle souvenirs de cette attente durant neuf mois, de sa vie d'avant Oscar, mais aussi instantanés imaginés d'un futur.

C'est un titre qui avait retenu mon attention depuis un petit moment et que je n'ai pas résisté à acheter. Un livre très court, très fin, mais qui promettait une lecture douce pour quelques heures et ce fut le cas à la lecture de ces Jours Areuh de François d'Epenoux.

L'histoire de ce roman se déroule sur une heure, une heure durant laquelle un père donne le biberon à son nourrisson. De minutes en minutes, l'homme plonge dans ses pensées et dans ses souvenirs avec son petit Oscar. Le temps de cet échange doux et tendre, se sera un retour sur sa vie d'antan, sur l'attente de ce petit Oscar et sur l'arrivée de celui-ci qui fut complexe, Oscar étant un petit miraculé réanimé après 7 minutes de massages cardiaques.

En plongeant dans ce livre, nous avons l'impression d'être à leur côté. D'être assis là dans ce coin de la chambre du nourrisson, blottis dans un fauteuil sous un plaid et d'assister avec discrétion à cet instant de complicité et tendresse. C'est comme ci ce père nous chuchotait son histoire pour ne pas faire trop de bruit, pour garder cette atmosphère de paix entre Oscar et lui.

Douceur, poésie, tendresse, mais aussi humour se dégagent de ces mots, des mots de François d'Epenoux pour nous conter Les jours areuh. L'auteur allie des moments poétiques et d'autres parfois un peu cyniques, pour cet échange muet entre père et fils. En une petite heure seulement, on ressent les émotions et le bouleversement qu'a provoqué l'arrivée de ce bébé dans la vie de ce père de 50 ans. Il le dit lui-même, fini les grands voyages pour découvrir le monde et place aux voyages organisés où tout est prévu, fini les voitures de sport et place à la voiture familiale, fini les grasses matinées le dimanche et place aux réveils à l'aube pour prendre soin de ce nouveau-né. Mais ce bouleversement, c'est ce père qui espère que son fils profitera pleinement de sa vie future ou encore qu'il apportera une pierre à l'édifice de notre monde. Les jours areuh, ce sont ces quelques semaines qui lient déjà un père à son bébé par un amour puissant, profond et tellement intense.

"C'est d'ailleurs ça, le paradoxe de la paternité tardive. Ce monde aventureux que je ne parcourrai plus le pied léger ni sans entrave, c'est aussi toi qui m'en consoles, tant il se montre chaque jour un peu plus violent et désespérant. Et c'est d'une paume apaisée qu'en caressant ton crâne j'en épouse les contours, la douce rotondité, les forêts primaires, la chaleur soyeuse. Petite tête. Petite terre. Jamais je ne te conseillerai assez de l'explorer au plus vite, notre merveille de planète bleue. Faute de quoi tu arriveras à destination avec le regret de ne pas en avoir assez vu. Le cœur pesant de n'être certes pas encore vieux, mais plus tout à fait jeune. Loin du fondant crémeux qui a constitué le meilleur de ta vie. Ce sera alors presque fini. Pas de deuxième chance. Pas de deuxième tour. je sais de quoi je parle, tant ta vie même, je te l'ai dit, met la mienne en perspective."

En bref, Les jours areuh, c'est durant seulement une centaine de pages, des moments de vie, un partage intense et une bonne dose d'amour paternel. Un petit roman qui fait du bien, fait sourire et se lit rapidement. Avec douceur, drôlerie et affection, François d'Epenoux offre une histoire qui touchera forcément tous les lecteurs, et certainement un peu plus les pères et mères. Le roman offre aussi un épilogue saisissant, surprenant qu'on n'attendait pas et qui nous touchera tout autant que les pages précédentes.

Les jours areuh de François d'Epenoux est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
père
naissance
douceur
attente
amour.