mercredi 26 avril 2017

- Corinne Martel -

L'heure est venue de vous présenter une nouvelle interview d'auteur ! Cette fois-ci, c'est Corinne Martel qui est donc à l'honneur.


Je vous ai parlé de Corinne Martel il y a quelques semaines après avoir lu son premier roman Et tu vis encore, la chronique est par ici. Sans doute l'avez-vous d'ailleurs déjà vu passer sur les réseaux sociaux, son premier roman a en effet été accueillis par bon nombre de lecteurs et le bouche à oreille a permis à Et tu vis encore de se faire connaître.

Premier roman, Et tu vis encore propose une histoire aboutie en moins de deux cents pages. L'histoire marque bon nombre de lecteurs, les amène à se poser cette fameuse question "A leur place, qu'auriez-vous fait... ?" et permet surtout de révéler la plume de Corinne Martel (qui je pense à de belles choses à nous offrir pour la suite). L'occasion se présente donc d'en savoir plus sur le roman et sur l'auteure...

Bonjour et bienvenue sur LaDoryquilit Corinne Martel, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Signe astrologique Balance
Age 47 ans
Romancière, passionnée des mots, de la vie

Comment présentez-vous votre premier roman "Et tu vis encore" disponible chez IS Edition depuis quelques mois ?

Comme un thriller psychologique, mais avant tout comme un voyage. On laisse le temps de quelques heures sa vie pour aller à la rencontre de celle d’Alice et si la magie opère en fermant le livre, on reste un peu les yeux dans le vague et le cœur humide.

On voit un formidable élan, notamment sur les réseaux sociaux, autour de "Et tu vis encore", vous attendiez-vous à cela ? Que ressentez-vous ?

Non absolument pas ! Une fois le livre imprimé, il ne m’appartenait plus d’une certaine manière, se sont les lecteurs qui le font vivre tous les jours et chaque mot, chaque photo me touche, je suis tellement reconnaissante et heureuse, cela me donne des ailes

Comment vous est venue l'idée de ce roman ? L'idée de ces plans assez surprenants tout de même ? 

Un fait divers, un jour à la télévision après difficile d'en dire plus pour éviter de spoiler le roman...

Vous interpellez littéralement le lecteur dès la couverture de votre roman avec cette fameuse question "Et vous, qu'auriez-vous fait... ?", pourquoi avoir fait ce choix ?

Parce que c’est une évidence, entre le lecteur et moi, la question, la discussion après la lecture, l’implication. Comme je l’ai dit un peu avant ce n'est pas uniquement un thriller

J'ai vu, via votre page Facebook, que vous envisagez d'adapter "Et tu vis encore" en roman graphique en collaboration avec Marine Destombes une jeune graphiste, parlez-nous de ce projet. 

Un véritable hasard, mais comme je ne crois pas au hasard, une magnifique rencontre. Je cherchais une dessinatrice pour mon second roman en cours d’écriture et Marine m’a montré son travail et en une fraction de seconde, j’ai eu envie de la BD avec elle. Il faut dire que je suis fan de BD depuis toujours et qu’elle avait envie de s’essayer alors, nous nous sommes unies pour porter l’enfant. D’ailleurs..si vous pouvez parler d’Ulule...
(rendez-vous en bas de l'interview pour tout savoir !)

Un aperçu de ce que pourra donner l'adaptation en BD

Parlons un peu plus de vous Corinne, avez-vous toujours eu envie d'écrire ? Y a-t-il eu un moment dans votre vie qui vous a donné envie de prendre la plume ?

Toujours depuis des poèmes à l’école jusqu’à des romans dans mes tiroirs et un jour, j’ai franchi le pas du tiroir qu’on ne ferme pas, mais qu’on ouvre. Je ne crois pas qu’une personne m'ait donné envie d’écrire, c’est plutôt un besoin. 

Que signifie être auteur pour vous ? 

Vraiment..le mot rien, c’est comme une carte de visite. Un auteur pour moi, ce sont des mots qui font un livre et c’est le livre qui parle ou pas au lecteur.
Si mes mots parlent alors peut-être, je suis un auteur, mais il faudra encore du temps pour le savoir.

Etes-vous vous-même lectrice ? Si oui, quel est le dernier livre que vous nous recommandez vivement de lire ? Et quel est LE livre que vous auriez aimé écrire ?

Oui, je suis une lectrice, La faiseuse d’anges de Sandrine Destombes est mon dernier polar et Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruk mon dernier coup de cœur.
Le livre : Boris Vian L’écume des jours ou Le Parfum de Suskind Patrick.


Pensez-vous déjà à d'autres projets de roman ? En avez-vous peut-être un déjà en cours ?

Donc il y a l’adaptation de mon premier roman en BD avec Marine et je suis à la moitié de l’écriture de mon second roman, j’espère le finir en juillet.

Et pour finir Corinne, un dernier mot pour vos lecteurs ?

Vos…Non pas le possessif =) qu’ils donnent un sens à mes mots, du coup un sens à ma vie et que cela vaut bien plus que tous les mercis.

Merci beaucoup Corinne Martel d'avoir pris le temps de répondre à quelques-unes de mes questions, je vous souhaite que l'adaptation de "Et tu vis encore" en BD voit le jour pour vous et vos lecteurs !

D'ailleurs à propos de l'adaptation en BD, pour que ce projet voie le jour une cagnotte Ulule a été créé ! Il reste encore quelques jours pour atteindre la somme espérée et faire en sorte que ce projet se concrétise, je vous laisse le lien direct de celle-ci pour en savoir plus, mais aussi pour y participer si le cœur vous en dit :) Cliquez ici pour accéder à la cagnotte Ulule !

Et si vous n'avez pas encore lu Corinne Martel, vous pouvez toujours vous rattraper ! Et tu vis encore est disponible chez IS Édition.

mardi 25 avril 2017

"Onde de choc" de Carmen Bramly


Alors qu'elle était sur le point de se suicider, Lucie se raisonne en pensant notamment à son prochain neveu à venir. Pour s'en remettre, elle part à Majorque en compagnie de Marcus l'ancien compagnon de sa sœur. Ils sont partis tous les deux pour sauver une part d'eux, Lucie pour essayer de se reprendre de cette dépression qui couve et Marcus pour essayer d'aller de l'avant après sa rupture. Ils sont tous les deux, deux détresses bien différentes, mais deux détresses qui vont se mêler au fil des pages pour le meilleur et pour le pire...

Avec Onde choc, je découvre Carmen Bramly cette jeune auteure qui en est déjà pourtant à son quatrième roman ! Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce roman porte très bien son titre.

Onde de choc, c'est la rencontre avec Lucie, cette jeune femme perdue prête à se suicider un soir dans sa salle de bains. En changeant d'avis, elle se blesse bêtement et se retrouve immobilisée pour tout l'été. Avec Marcus, son ancien beau frère, ils passeront une partie de leur été à Majorque chez un de ses amis, l'occasion d'essayer d'aller de l'avant et surtout de tout remettre en question.

Dans ce livre, c'est ça, c'est une remise en question. Lucie qui ne va pas bien et en quête d'elle-même. Elle sait ce qu'elle veut, elle veut réussir, elle veut profiter, elle veut de l'insouciance et elle veut prendre du plaisir (et jouir). On se rend compte qu'une part de son mal-être vient de sa famille, cette famille assez particulière qui reste toujours distante. Avec Marcus, cet été sera une véritable Onde de choc.

Carmen Bramly a une écriture incisive, sombre même parfois. C'est parfois déroutant pour le lecteur, on suit l'histoire de Lucie durant ce fameux été, on arrive même à comprendre ce qu'elle vit et pourquoi, mais pourtant difficile tout de même de s'attacher à elle. J'ai plutôt eu l'impression d'être une simple spectatrice de ce roman et de ne pas réussir à entrer pleinement dans cette histoire. 

Pourtant, les thèmes abordés me plaisent, les faux-semblants, ce manque d'insouciance, ce désir de profiter pleinement et de donner vie à ses envies. Cette reconstruction de Lucie, le temps de quelques semaines comme si elle allait finalement renaître de ses cendres me plaît également. Onde de choc est un roman brut, peut-être m'aurait-il fallu un peu plus d'émotions pour réussir à y plonger totalement.

Mais je ne peux que vous conseiller de découvrir Onde de choc et également l'écriture de Carmen Bramly afin de vous faire votre propre idée !

Onde de choc de Carmen Bramly est disponible aux Éditions JC Lattès.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
jeunesse
électrochoc
équilibre
famille
reconstruction.

lundi 24 avril 2017

"Un sac" de Solène Bakowski


Une femme en pleine nuit face au Panthéon qui serre un sac contre elle. Quand ? Pourquoi ? Comment ? Cette jeune femme, c'est Anna-Marie. Anne-Marie n'existe pas aux yeux de la société, elle est née dans une salle de bains à Paris d'une mère folle à lier et a été élevée par Monique Bonneuil qui l'a gardé chez elle loin de tout durant des années. Anna-Marie grandit en ignorant tout du monde extérieur, mais est hantée par sa propre histoire. À dix ans, Anna-Marie finira tout de même par sortir de ses quatre murs et tentera tout pour devenir quelqu'un aux yeux des autres et se faire véritablement aimer...

J'avais énormément entendu parler de ce roman Un sac sur les réseaux sociaux. Je dois dire que certains de mes amis sont des soutiens infaillibles de Solène Bakowski et je n'avais pas encore sauté le pas de découvrir cette auteure, maintenant, c'est chose faite !

Pour être tout à fait honnête, je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant Un sac. Un thriller qui me ferait frissonner ? Une histoire qui m'emporterait ? Un psychopathe qui me donnerait des sueurs froides ? Je m'étais imaginée mille et un scénario qui se sont tous avérés faux, parce que je ne m'attendais pas du tout à CETTE histoire-là. Je ne dirais rien de plus concernant justement cette histoire par peur d'en dévoiler trop. Un sac est un livre qu'il faut ouvrir sans s'attendre une seconde à ce qu'il va nous réserver, pour l'apprécier d'autant plus.

Anna-Marie est donc le personnage principal de ce roman, un personnage tortueux qui trouble le lecteur, trouble nos à priori même et qui nous surprend. Tout tourne autour d'elle, le mystère reste entier sur son histoire, son histoire qui se dévoile au fil des pages, son histoire sombre et profonde qui marque notre esprit. On ne sait à quoi s'attendre et lorsqu'au fil des chapitres, nous sommes confrontés aux événements, on se prend presque tout en pleine figure.

Ce que j'ai trouvé de fascinant dans ce livre, et qui ne m'arrive guère souvent, c'est que Solène Bakoswki a réussi à faire en sorte que je m'attache énormément à Anna-Marie et que j'en vienne parfois presque à être horrifiée par elle et ce qu'elle pouvait faire. Je me disais même "je ne peux pas aimer un tel personnage...", mais comment ne pas l'aimer tout de même avec son histoire ? Comment ne pas avoir envie de l'aider, de lui tenir la main presque parfois ? Anna-Marie est un personnage si fort, si intense ! Je l'ai adoré tout autant que je l'ai détesté, étrange sentiment envers une seule et même personne, mais vous comprendrez surement pourquoi en lisant Un sac.

"J'ai mes torts et mes travers. J'ai fait des erreurs, j'ai parfois mal jugé et je me suis souvent trop emportée. Je voulais juste être heureuse. Je ne voulais pas être une fatalité. Je ne cherche pas à me trouver des excuses. J'ai rendu le mal pour le mal, parfois pour le bien et j'ai, il est vrai, mal géré mes émotions. J'ai voulu me prémunir de souffrir, pour mieux prévenir mes rafales et protéger ceux qui, malgré tout, m'étaient chers. Mes fautes, je les ai payées bien plus chères, dans mon âme et dans ma chair, que la peine de prison la plus lourde et je les expie un peu plus chaque jour."

Un sac est un livre sombre, vraiment très sombre, porté par l'écriture efficace, sombre, incisive et profonde de Solène Bakowski teintée tantôt de poésie et tantôt de cynisme. L'auteure livre ici un roman qui hypnotise presque le lecteur, difficile de le lâcher une fois que nous sommes confrontés à tant de noirceur. La noirceur de l'âme est au creux de ses pages, une qui bouleverse plus d'une vie et qui ne peut laisser personne indifférent. L'intrigue est bien menée, maîtrisée au plus juste et il est impossible de s'ennuyer.

En véritable thriller psychologique, ce roman ne laisse aucun répit et emmène le lecteur dans les tréfonds de l'âme. Du début à la fin, nous sommes confrontés au mal, mais à un mal qui s'insinue dans les cœurs, dans les esprits et que l'on traîne comme un fardeau. C'est dur même parfois, le lecteur est véritablement malmené au fil des pages, et ce, jusqu'à une fin... particulièrement marquante.

Au final Un sac est un livre que j'ai dévoré littéralement, il m'a totalement transporté, l'histoire m'a embarqué du début à la fin et j'ai même été bouleversé à un certain moment. Ce n'est donc pas ce à quoi je m'attendais, non, c'est mieux !

À vous de découvrir Solène Bakoswki maintenant ! Un sac est disponible aux Éditions Milady.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
suspens
surprise
haine
psychologique
sombre.

C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?



Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
Les derniers jours de Rabbit Hayes d'Anna Mc Partlin

Je suis en train de lire
Before I Fall (le dernier jour de ma vie) de Laurent Oliver

Je lirai ensuite
Là où tu iras, j'irai de Marie Vareille.

samedi 22 avril 2017

"L'appel de ton sang" d'Alexandra Lanoix


Vampire âgé de deux cents ans, Rose est en quête depuis de nombreuses années de la goutte de sang du premier tueur de vampires. Cette fameuse goutte est censée avoir le pouvoir de faire redevenir un vampire en humain. Mais alors qu'elle s'arrête pendant quelques jours chez son servant humain Caleb, Rose fait une rencontre qui va tout remettre en question. Elle rencontre Samuel, un simple libraire qui a tout de plus banal, mais la vampire se trouve irrémédiablement attiré par celui-ci et n'a aucun doute, il s'agit de l'appel du sang. L'appel du sang n'est censé que se produire entre vampires pourtant, mais Rose est sure d'elle Samuel est son âme sœur et elle veut alors en savoir plus sur lui.

Après avoir découvert Alexandra Lanoix avec son roman Love me like you do, je n'ai pas hésité longuement quand j'ai vu que l'auteure proposait de lire son petit dernier L'Appel de ton sang. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de bit-lit et j'ai donc lu avec plaisir cette histoire de vampire qui m'a fait passer un bon moment.

Rose n'aime pas être vampire, malgré ses deux cents ans d'existence, elle n'aspire qu'à pouvoir redevenir humaine, d'où sa quête de la goutte du premier chasseur de vampires. Lorsqu'elle rencontre Samuel, c'est une raison qui s'ajoute aux autres pour retrouver son humanité, follement éprise du jeune libraire, elle n'imagine plus sa vie sans lui. Lorsqu'enfin une piste sérieuse est découverte pour retrouver le remède miracle, Samuel est entraîné avec elle dans sa quête. Amour et dangers sont alors confrontés.

C'est une histoire bien plaisante que nous livre ici Alexandra Lanoix, une histoire originale avec une intrigue bien maîtrisée. La quête du remède pour redevenir humain est bien amenée, bien expliquée et tient la route. Les vampires sont parfaitement bien décrits, on les imagine aisément et tout l'univers créé autour d'eux fonctionne. C'est une chose à laquelle je fais attention en général, bien que lisant très peu de fantastique, j'aime que ce soit entièrement concordant et que ça n'ait pas un côté trop "loufoque".

L'histoire d'amour entre Rose et Samuel tient également parfaitement la route. On sent que c'est un amour fort, sincère, un qui bouleverse l'existence et ici d'autant plus que c'est entre une vampire et un humain. On se prend au jeu de la quête de la goutte de sang afin qu'ils puissent avoir ensemble un vrai avenir. On se laisse donc entraîner par leur histoire d'amour, tellement que la fin... nous laisse presque sans mot (je ne vous en dirais pas plus à ce propos !).

Tout comme Love me like you do, l'écriture d'Alexandra Lanoix est plaisante. On se laisse facilement entraîner par l'histoire que nous propose l'auteure. L'amour est bien entendu un fil rouge de celle-ci, mais les rebondissements au fil des chapitres auront l'audace de nous surprendre plus d'une fois ! Les chapitres courts permettent aussi à L'appel de ton sang de garder un bon rythme et c'est finalement une histoire agréable et divertissante qui se lit rapidement.

Alors pour quelques heures de lecture, L'appel de ton sang vous permettra de partir à la rencontre de quelques vampires, mais aussi de suivre une jolie histoire d'amour...

L'appel de ton sang d'Alexandra Lanoix est disponible par ici sur Amazon !

5 mots en bref pour décrire ce livre :
fantastique
amour
quête
espoir
dangers.

vendredi 21 avril 2017

"Coeur-naufrage" de Delphine Bertholon


À 34 ans Lyla est célibataire et plutôt solitaire et casanière. Traductrice, c'est sa meilleure amie Zoé qui lui permet de s'échapper un peu de sa routine quotidienne. Lorsqu'elle découvre un soir, le message de Joris sur son répondeur, c'est un brusque retour en arrière de dix-sept ans qu'elle fait. En 1998, Lyla a 16 ans et c'est lors de cet été qu'elle rencontre Joris ce surfeur dont elle tombe amoureuse. Ces deux jeunes ont chacun des relations difficiles avec leurs parents et le temps d'un été, ils s'échappent ainsi de leur autorité en le passant ensemble. Dix-sept ans, dix-sept ans et pour Lyla le souvenir de cet été là est toujours aussi douloureux...

J'avais déjà eu l'occasion de lire Delphine Bertholon il y a quelques années pour son roman Le soleil à mes pieds, et je me souvenais que son écriture m'avait beaucoup plu. Je me suis donc plongée avec délice dans son tout dernier roman Coeur-Naufrage.

Je n'en dirais pas plus sur l'histoire de Coeur-Naufrage, c'est un roman et une histoire qu'il faut découvrir du début à la fin pour l'apprécier comme il se doit.

Coeur-Naufrage est un roman qui touche, qui bouscule gentiment le lecteur même. L'alternance des voix, du temps entre les chapitres apporte une extrême profondeur à cette histoire. On s'attache à Lyla, on s'attache toujours plus à elle au fil des chapitres et on se rend compte à quel point elle est fragile au fond d'elle.

Roman chorale, on suit tantôt Lyla et tantôt Joris. Leur histoire se mêle au fil des pages, au fil des chapitres qui nous offrent des retours en arrière et lève le voile sur ce qu'ils ont partagé. Extrêmement bien écrit, Coeur-Naufrage offre avec justesse son lot d'états d'âme, de sentiments, de paysages même. Je me suis surprise à imaginer Lyla et Joris sur cette fameuse plage, à imaginer l'expression de Lyla écoutant le message de Joris ou encore à imaginer Joris retournant dans la maison de son père. Ils ont pris réellement forme dans mon esprit.

L'écriture de Delphine Bertholon est pleine de pudeur et de délicatesse. Sans faux pas l'auteure aborde ainsi les accidents de la vie, ceux qu'on garde au fond de soi, mais qui ont toujours autant d'impact sur nos vies actuelles, les non-dits douloureux ou encore les malentendus qui peuvent bouleverser toute une vie. C'est ce que j'aime chez Delphine Bertholon ! C'est cette façon d'écrire, de transporter le lecteur avec douceur, mais de réussir à le toucher profondément. Coeur-Naufrage est un roman qui se déguste et auquel on pense longtemps après l'avoir refermé.

"A quinze ans, à seize ans, on ne peut pas mourir. On pense sans arrêt à la mort, on écrit des poèmes avec du spleen dedans, on a souvent envie de se tailler les veines, suicide au bord des lèvres. Mais en vérité, on ne peut pas mourir. A quinze ans, à seize ans, on est tellement en vie que c'est le monde entier qui crève autour de soi, dans les lumières noires des pistes souterraines."

Coeur-Naufrage de Delphine Bertholon est disponible aux Éditions JC lattès.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
adolescence
secret
non-dits
résilience
délicatesse.

jeudi 20 avril 2017

Lecture commune de mars : "L'heure des fous" de Nicolas Lebel


Avec ma fidèle amie Delphine, Aubazaardeslivres, depuis quelques mois, on s'accorde sur une lecture commune. Chacune notre tour, nous choisissons un roman que nous partageons donc pour une lecture commune. Du coup, j'ai décidé aussi de poster ce rendez-vous mensuel sur LaDoryquilit ! Vous l'avez donc compris, chaque mois un article réunissant nos deux avis sera donc posté par ici, l'occasion de vous offrir une double critique sur le livre choisi :)

Pour ce mois de mars il s'agit du roman L'heure des fous de Nicolas Lebel qui est sorti de nos PAL à cette occasion.


Chronique de Marion :

Un SDF poignardé à mort sur les rails de la gare de Lyon, l'affaire confiée au capitaine Mehrlicht et son équipe devrait se régler rapidement, "rapide et propre" comme leur ordonne le commissaire. Mais quand l'identité du cadavre est révélée, c'est finalement une toute autre histoire et surtout une autre enquête qui débute. Pour Mehrlicht, Dossantos, Latour et Ménard, l'heure des fous approche. De la Jungle au cœur de bois de Vincennes aux couloirs de la Sorbonne, c'est un véritable jeu de piste aux rebondissements surprenants qui les attend... 

C'est en 2015 à l'occasion d'un Salon que je rencontrais Nicolas Lebel et que je découvrais donc cet auteur. Après avoir lu Sans pitié ni remords et Le jour des morts, il ne me restait donc plus que L'heure des fous à découvrir (oui pas forcément dans l'ordre préconisé, mais si je lisais toujours les livres dans le bon ordre ça se saurait ^^). L'heure des fous qui m'a offert une histoire, comme je l'attendais.

Le meurtre d'un prétendu SDF qui s'avère être une affaire plus complexe, voilà à quoi le capitaine Mehrlicht (à tête de grenouille) se voit confronter. Entouré de son équipe plutôt éclectique, l'enquête va révéler des surprises et va se ponctuer de rebondissements auxquels nul ne s'attendait. Notre équipe n'est pas au bout de ses surprises, tout comme le lecteur qui se régale de pages en pages.

Pour avoir déjà lu les autres romans de Nicolas Lebel, je me doutais qu'il ne fallait pas que je m'attende à une histoire qui pouvait sembler toute tracée, mais plutôt à une histoire prête à exploser à tous moment et qui ne me laisserait aucun répit. L'heure des fous, c'est exactement ça !

En plongeant dans ce roman, on ne s'attend pas une seule seconde à la tournure que vont prendre les événements. Une simple affaire de SFD poignardé, bon ok... , mais quand celle-ci lève déjà le voile sur la Jungle au coeur du bois de Vincennes, là on comprend que ce ne sera pas tout rose pour notre équipe. Les rebondissements, les révélations s'enchaînent au fil des pages, mettant à jour une terrible machination presque inimaginable. Personne ne peut se douter de l'issue final, tout est amené progressivement, les doutes planent dans l'esprit du lecteur et l'intrigue n'en est que plus haletante.

L'heure des fous permet aussi de rencontrer une équipe des plus originales. Aussi bien différents que complémentaires, Mehrlicht, Dossantos, Latour et Ménard nous offrent de sacrés moments. Entre les répliques cinglantes de Mehrlicht (Mehrlicht qu'on imagine tellement bien avec sa fameuse "tête de grenouille"), la drague un peu lourde de Dossantos envers Latour et le bouc émissaire qu'est Ménard, on ne s'ennuie pas une seule seconde. C'est une équipe comme on en croise nulle part ailleurs, et tous se révèlent très attachants (mention spéciale pour Sophie Latour pour qui j'ai un gros coup de cœur). Cela ne fait qu'ajouter du piquant à ce roman et en fait une de ses particularités ! 

"[...] elle savait combien Dossantos pouvait être lourd dans ses minauderies de collégien. Il lui ouvrirait les portes et soulignerait lui-même combien il était prévenant avec elle. Il lui sourirait en continu, ce qui l'obligerait elle-même à lui sourire et à déclencher d'interminables compliments sur son sourire éclatant. Il reprendrait chacune de ses paroles pour faire mine d'en savoir plus sur elle ou d'être attentif. L'enfer est une vaste entreprise et Dossantos en était un VRP implacable."

Et que dire de l'écriture de Nicolas Lebel ? C'est vif, piquant, mordant même et parfois tellement drôle ! On ne s'ennuie pas une seule seconde avec cet auteur. Entre une intrigue parfaitement maîtrisée et des répliques cinglantes qui ponctuent ce roman, difficile de le lâcher une fois commencé. Nicolas Lebel réussit aussi bien à tenir en haleine son lecteur jusqu'aux dernières pages, mais aussi à le faire éclater de rire plus d'une fois entre les déconvenues et les répliques qui fusent sans arrêt. 

"- Alors là-bas, on a la "zone des Nomades". Après, c'est "Les Lapins". 
- Pourquoi "Les Lapins" ? s'enquit Dossantos 
- Parce que les miséreux, ils se multiplient comme les lapins, j'en sais rien, moi."

Vous l'avez sans doute compris, j'ai adoré retrouver l'écriture de Nicolas Lebel dans L'heure des fous. Je vous conseille vivement d'ailleurs de découvrir cet auteur si ce n'est encore fait. Vous plongerez dans des polars sombres, où le suspens ne fait que croitre au fil des pages et dont les intrigues n'ont pas finis de vous surprendre, le tout rythmé par un humour cinglant qui vous marquera. 


Chronique de Delphine : 

Pour ma part, c'est la première fois que je lis un livre de Nicolas Lebel. Rencontré lors du Salon du polar de Nemours cette année, j'en ai profité pour acheter son premier livre, et faire ainsi la connaissance de ce fameux Mehrlicht. 

Je ne vais pas vous raconter l'histoire, la 4ème de couverture remplit parfaitement son rôle.  

Dans l'heure des fous, la première chose qui frappe c'est ce personnage atypique : Merhlicht. Ensuite, l'histoire ! Si au départ on pense avoir affaire à une simple affaire, on va très vite se rendre compte que cela va s'avérer bien plus complexe que çà. Et puis il y a l'équipe de Merhlicht : Sophie Latour, Mickael Dossantos et le jeune Ménard, stagiaire. D'ailleurs ce pauvre Ménard ne sera pas ménagé par un Merhlicht détestable à souhait. 

Mehrlicht ? Parlons en. C'est un personnage des plus atypiques. Il fume comme un pompier et c'est peu dire, il est désagréable à souhait, il ronchonne. Mais ce qui m'a le plus frappé finalement c'est surtout son implication dans l'enquête. Il ira au bout coûte que coûte. Et puis, même si il est souvent malaimable avec les membres de son équipe, on sent bien qu'il les apprécie à leur juste valeur. 

L'heure des fous est un livre comme je les aime. Une intrigue drôlement bien menée, avec des rebondissements de fous. Quand on pense avoir trouvé la clé de l'énigme, hop, un nouvel élément vient s'imiscer et on repart à zéro. J'ai vraiment beaucoup aimé la plume de l'auteur, elle est fraîche et fluide. C'est un régal à lire. Nicolas Lebel ponctue son récit de petits moments vifs et incisifs, et çà donne du mordant. A cela rajoutez une bonne dose d'humour, et vous aurez un résultat tout à fait délicieux ! 

J'ajouterai une mention spéciale pour la sonnerie de portable de Mehrlicht !! A chaque appel, un dialogue célèbre d'Audiard, ce qui donne parfois des situations cocaces et à mourir de rire.

Par contre je vous préviens d'avance, une fois commencée, vous ne pourrez pas refermer L'heure des fous avant de l'avoir terminé. On a envie de connaître l'issue. 

En conclusion, Nicolas Lebel est un auteur que j'ai pris plaisir à découvrir. L'heure des fous est un roman sombre qui vous surprendra tant par ses rebondissements que par l'humour mordant de l'auteur. 


N'hésitez pas ! L'heure des fous de Nicolas Lebel est disponible aux Editions Marabooks Poche.