jeudi 31 août 2017

"Le bonheur n'a pas de rides" d'Anne-Gaëlle Huon


Paulette, 85 ans, a un plan tout défini pour parvenir à ses fins et partir dans la maison de retraite de ses rêves dans le Sud de la France. Elle fait celle qui perd la tête, qui devient sénile pour que son fils l'y envoie, sauf que la destination n'est pas celle qu'elle attendait et elle termine dans une auberge de campagne. Bien décidée à quitter cet endroit au plus vite, rapidement, elle se fait rattraper par sa curiosité, et même son obsession pour les autres pensionnaires. Entre Monsieur Georges et ses lettres, le chantage dont semble être victime Monsieur Yvon et tous les autres. Finalement, elle y reste, et lorsque c'est à son tour d'avoir besoin d'un coup de pouce ils sont tous présents à ses côtés, tous unis par une belle amitié.

Après avoir croisé plusieurs fois le nom d'Anne-Gaëlle Huon sur les réseaux sociaux et être tombée sur une critique élogieuse du Bonheur n'a pas de rides, il n'en fallait pas plus pour que je me laisse séduire par ce roman et que je me plonge dedans avec délice à la rencontre de Paulette.

Dès les premières pages, le ton est donné avec Paulette. Cette mamie de 85 ans ne recule devant rien pour parvenir à ses fins, quitte à en faire des tonnes pour que son fils l'envoie dans sa maison de retraite de rêves. Alors quand elle échoue dans cette auberge au fond de la campagne, tous ses espoirs disparaissent. Mais alors que notre tendre mamie est décidée à mener la vie dure aux autres pensionnaires, elle ne peut finalement que porter un intérêt à chacun d'eux. Il n'y a pas d'âge pour se faire des amis, pour retrouver le bonheur et pour vivre pleinement comme on le souhaite et Paulette nous le prouve !

C'est un roman plein de bonne humeur, d'humour et de bons sentiments Le bonheur n'a pas de rides. Un roman qui fait plaisir, sourire et qui fait du bien. Notre héroïne de 85 ans est une vraie boule d'énergie dont on ne se lasse pas, et derrière son côté bourru et taciturne se cache en fait une vieille dame tendre et emplie de bon sens. Inutile de vous préciser qu'elle nous touche et qu'on s'attache beaucoup à elle. Mais il y a aussi tous les autres personnages que nous croisons à son arrivée à l'auberge, le patron, la petite cuisinière, la jeune fille solitaire, le jeune homme un peu à l'ouest et j'en oublie volontairement pour que vous les rencontriez de vous-même, mais chacun a sa particularité, sa propre histoire qui font que nous nous attachons aussi à eux.

De plus, dès que la porte est franchie, nous tombons sous le charme de l'auberge de Monsieur Yvon. Tout est tellement bien décrit, l'atmosphère de ce lieu, la façon dont cette pension fonctionne, les habitudes de vie de chacun des habitués. On ferme les yeux et on y est, attablé à une table le matin dans un coin pour siroter une grenadine, entouré de tous les pensionnaires à la tombée de la nuit autour d'une partie de Cluedo. C'est un lieu chaleureux, accueillant, un dont on rêve de pousser la porte le temps des vacances par exemple...

Anne-Gaëlle Huon offre avec Le bonheur n'a pas de rides un roman plaisant comme une véritable bulle de fraîcheur, mais surtout un roman qui respire la vie ! Ce sont les rencontres que nous faisons à n'importe quel âge, les surprises de la vie qui viennent la bouleverser, les amitiés qui se nouent sans qu'on s'y attende, les secrets bien gardés pour préserver ceux qu'on aime, et ce, à tout âge. L'écriture de l'auteure est fluide, juste, tantôt teintée d'émotions et tantôt d'humour. On se laisse porter par sa plume avec délice le temps d'une lecture qui a tout d'une jolie parenthèse.

Comme un hymne à la vie, à l'amitié, à son prochain, Le bonheur n'a pas de rides est un roman qui m'a fait passer par bon nombre d'émotions. J'ai rit plus d'une fois, j'ai souri énormément, et j'ai été émue jusqu'aux larmes sans m'y attendre. Surtout une fois la dernière page refermée, j'ai eu un gros pincement au cœur, comme une impression de quitter des amis beaucoup trop tôt.

Paulette et les pensionnaires de l'auberge de Monsieur Yvon n'attendent plus que vous, alors installez-vous tranquillement et confortablement, ils tiennent à partager avec vous un très bon moment...

"Tu vois Gloria, la vie c'est profiter du voyage sans se soucier de la destination. Ce n'est pas attendre que l'orage s'arrête, mais apprendre à danser sous la pluie. Comme c'est facile à dire, hein ?"

N'attendez pas ! Le bonheur n'a pas de rides d'Anne-Gaëlle Huon est disponible dès à présent en ebook et sera disponible dès le 13 septembre chez City Editions.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
manigances
auberge
rencontres
amitié
vie.

mercredi 30 août 2017

"Tant que dure ta colère" d'Asa Larsson


Un thriller qui n'a pas fini de vous surprendre ! Asa Larsson avec Tant que dure ta colère nous emmène dans un froid glacial, un froid aussi bien par la Suède où se déroule l'intrigue mais également par le froid qui s'insinue en vous au fil des pages...

Le corps d'une jeune fille est repêché après la fonte d'un lac gelé, rapidement la piste du meurtre est envisagée. Rebecka Martinsson enquête alors sur cette affaire mystérieuse qui va révéler de lourds secrets enfouis et un tueur sévira bientôt. Mais quelle est cette histoire d'avion allemand disparu il y a de cela plusieurs années ? Que cela cache-t-il réellement ?

Asa Larsson est une reine du thriller suédois mais c'est pourtant le premier roman de cette auteure que je lis ! En plongeant dans Tant que dure ta colère je ne m'attendais pas à être autant prise dans l'histoire, à enchaîner les pages et à plonger littéralement dans cette enquête qui m'a bousculée jusqu'au bout.

Lorsque le corps de Wilma Persson est repêché, l'enquête est lancée car rapidement la piste du meurtre est envisagée surtout que Simon son ami reste toujours introuvable. Alors que les éléments ont du mal à se rassembler et lorsque les rumeurs au sein du village prennent de plus en plus d'ampleur une autre intrigue est dévoilée. Une vieille histoire datant de la Seconde Guerre Mondiale refait surface, un avion disparu dans les environs mais quel lien entre ces deux affaires ? le lecteur est perplexe, bousculé sans cesse et ne décroche pas de l'histoire.

Ne vous attendez pas à un thriller sanglant c'est loin d'être le cas, mais c'est au contraire un thriller psychologique profond qui nous régale du début à la fin. Le premier chapitre nous lance directement dans l'histoire, on assiste au meurtre de Wilma et direct on se pose bon nombre de questions. Questions qui ne trouveront leurs réponses qu'à la fin du roman ! Au fil des pages, l'intrigue s'intensifie, les pistes se mêlent et tout autant que Rebecka on doute constamment. Lorsqu'en plus l'affaire de la disparition de l'avion allemand refait surface on creuse un peu plus au fil de l'histoire, on cherche un peu plus d'indices et on trépigne bien souvent d'en savoir plus !

Asa Larsson réussit à nous emmener en plein coeur de cette histoire, grâce aux descriptions de l'environnement, des personnages et on s'imagine vraiment être en plein coeur de la Suède. Je lis rarement de romans scandinaves, les noms des lieux et/ou des personnages bien souvent compliqués m'effraient un peu, mais je dois dire que ce livre-ci m'a vraiment conquis. L'écriture de l'auteure est fluide, nette et précise, elle arrive à faire en sorte qu'on s'attache aux personnages et peut-être pas ceux à qui on s'attend en premier lieu. L'intrigue nous transportera jusqu'à la fin ! Avec les différents points de vue des multiples personnages on gagne en précisions et l'histoire profonde qui se cache derrière tous ces mystères et secrets arrivera à nous surprendre plus d'une fois.

Après avoir lu Tant que dure ta colère j'espère bien me plonger rapidement dans les autres romans d'Asa Larsson pour retrouver cette atmosphère et cette Suède qui m'a beaucoup plu.

N'attendez plus, Tant que dure ta colère d'Asa Larsson est disponible dès aujourd'hui aux Editions Le Livre de Poche.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
froid
psychologie
haletant
profondeur
suspens.

"Ma reine" de Jean-Baptiste Andrea


Dans les années soixante, Shell vit avec ses parents dans une station-service au milieu de nulle part. Le petit garçon est seul, et n'est pas comme les autres. Lorsque ses parents décident de l'envoyer dans un institut, Shell refuse cela et décide de s'enfuir faire la guerre pour prouver qu'il n'est plus un enfant. Rapidement, le petit garçon comprend que la guerre n'est pas là, et trouve refuge dans un plateau pas très loin de chez lui. Le silence est la solitude sont encore plus présents, jusqu'au jour où il rencontre une fille Viviane qui devient pour lui sa Reine...

C'est un autre des romans lus dans le cadre du "Cercle des Lecteurs Furet du Nord", je l'avoue de suite jamais je ne me serais arrêtée sur Ma reine dans une librairie. Ce premier roman de Jean-Baptiste Andréa a été une totale découverte.

Nous rencontrons donc Shell, ce jeune garçon isolé de tout et de tous qui vit dans une station essence. Son quotidien est marqué par les petits gestes qu'il effectue au sein de la station et des rares voitures qui passent. Rapidement, nous comprenons que Shell n'est pas vraiment un enfant comme les autres lorsque nous comprenons que ses parents souhaitent le placer en institut. Très intelligent et surtout imaginatif, la fuite de Shell ne le mènera que quelques mètres plus loin de chez lui, mais quelques mètres qui lui changeront totalement sa vie.

"Foudre de guerre. Génie. Lumière. C'était tout ce que je n'étais pas, on n'arrêtait pas de me le répéter. Maintenant il faut que je le dise, je suis bizarre. Moi je ne trouve pas, mais les autres oui."

Ma Reine, c'est l'histoire d'une fuite, une fuite de solitude, une fuite de se savoir différent des autres. C'est la quête de soi d'un enfant qui se sait différent, qui vit dans son propre monde et qui s'entoure d'une grande imagination. La rencontre avec Viviane va être bouleversante, pour lui et pour le lecteur. Shell veut être un homme, mais cette rencontre va lui apporter plus, un semblant d'amour, une douce illusion qui le bercera longuement.

Jean-Baptiste Andréa à travers ce premier roman offre une ode à la liberté, à l'enfance, à l'imaginaire. Dans Ma Reine, le lecteur est porté par ses mots dans un monde propre à Shell. L'auteur livre un roman porté par une douce poésie, le tout légèrement teinté d'un fond de tragédie. La naïveté de Shell mêle rêve et réalité, et le lecteur le suit dans cet horizon qu'il semble se créer.

Ma Reine de Jean-Baptiste Andréa est un livre difficile à définir. Ce premier roman a un petit quelque chose de touchant, presque de bouleversant à travers Shell auquel on s'attache. Une histoire où l'imaginaire prend le pas sur le reste...

Ma Reine de Jean-Baptiste Andréa est disponible dès ce jour aux Éditions L' ICONOCLASTE.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
enfance
désir
liberté
différence
rencontres.

mardi 29 août 2017

"Love in Provence" de Tamara Balliana


Jeune américaine, Cassie travaille pour un grand groupe hôtelier. Avant de pouvoir diriger son hôtel et réaliser ainsi son rêve, elle est envoyée en France pour une dernière mission. Cassie se retrouve alors en pleine Provence, dans le Lubéron. Ce n'est pas vraiment ce à quoi elle s'attendait au départ, mais rapidement elle sera sous le charme de l'environnement, la gastronomie, le chant des cigales, mais aussi de ses nouveaux amis. Grâce à Olivia, une collègue qui devient rapidement une très bonne amie, elle fera la connaissance de sa famille et s'y attachera. Et puis, il y a aussi le troublant Damien, le directeur de l'hôtel, auquel elle n'est pas insensible. Son séjour dans le Lubéron risque peut-être de lui faire changer ses plans...

Une romance, la Provence, une couverture qui sent bon la lavande, comment résister à Love in Provence de Tamara Balliana en croisant ce titre ? Et bien, on ne résiste pas tout simplement, et il ne faut pas résister d'ailleurs ! Parce qu'avec ce roman, c'est comme si vous alliez prolonger encore un peu l'été et les vacances... il est idéal pour cela !

C'est donc Cassie notre personnage principal. Ah Cassie cette jeune Américaine qui se retrouve en plein cœur d'un village du Lubéron. La jeune femme s'adapte rapidement à cette nouvelle vie qui va durer quelques mois, bien aidée par Olivia avec laquelle elle devient rapidement complice. Elle est aussi rapidement adoptée par toute la famille d'Olivia, enfin presque, et va partager leur quotidien. Cassie s'est clairement la jeune femme qu'on a tout de suite envie d'avoir pour amie, elle est attentionnée, passionnée par ce qu'elle fait et n'hésite pas à aider les autres. Elle ne va pas tarder à succomber au charme du beau Damien, mais histoire d'un jour ou pas ?

Amitié, amour, passion, famille, travail rythment ce roman. Cette romance est une vraie bulle de fraîcheur ! Aussi bien par ses personnages hauts en couleur et tous aussi attachants les uns que les autres, que par cette aventure que Cassie vit en plein cœur du Lubéron. Comment résister à cette douceur qui caractérise la Provence ? À la chaleur de ses habitants et puis aussi à ces beaux jeunes hommes que l'on croise dans ces villages ? Tout comme Cassie nous sommes sous le charme de tout cela, et c'est donc un grand plaisir de déguster Love in Provence.

Surtout Love in Provence ce n'est pas une histoire toute tracée, et non ! Cette romance réserve son lot de surprises, surprises qui nous réjouissent autant l'avouer de suite. Attaché à Cassie, mais tout autant à Olivia et sa famille, on passe douze mois à leurs côtés, douze mois pendant lesquels Tamara Balliana nous dépeint avec justesse la Provence au fil des saisons, les relations entre chacun qui évoluent, les petits bonheurs et plaisirs qui ponctuent le quotidien. C'est comme si nous étions vraiment aux côtés de Cassie finalement.

Tamara Balliana a une écriture particulièrement juste. L'auteure réussit aussi bien à nous émouvoir, à nous faire sourire qu'à nous faire rire grâce à ses pointes d'humour distillées au fil des pages, on se régale notamment des petits quiproquos avec les différences de cultures. Love in Provence a tout d'une romance réussit, et on finit par dévorer l'histoire sans s'en rendre compte. Ça sent bon la Provence, le Sud, le soleil qui illumine notre journée, ça fait vibrer d'émotions au fil des pages, ça donne envie de filer dans le Lubéron, de rencontrer Cassie et Olivia, ou encore de tomber amoureuse...

Vous l'avez certainement déjà compris, mais n'hésitez pas un seul instant à lire Love in Provence ! Vous plongerez avec délice dans ce village de Provence le temps de quelques heures de lecture des plus plaisantes, vous rencontrerez des personnages terriblement attachants et vous croiserez même peut-être aussi l'Amour avec un grand A. En plus vous aurez aussi l'impression de prolonger les vacances, alors que demander de plus ?

"Le véritable amour, ça n'arrive qu'une seule fois, et crois-moi il vaut mieux passer à côté que de l'avoir connu et de ne pas pouvoir le vivre."

Love in Provence de Tamara Balliana est disponible dès ce jours chez Amazon Publishing en cliquant par ici !

Merci à NetGalley & Amazon Publishing.


5 mots en bref pour décrire ce livre :
travail
rencontres
Provence
accomplissement
amour

lundi 28 août 2017

"Cléo & Sam" d'Helen Brown


Jeune garçon de 10 ans, Sam est passionné par les animaux. Quand une de leur voisine Lena leur propose de venir voir ses chatons, pour le jeune garçon, c'est un immense bonheur. Mais Helen, sa mère est des plus réticentes à en adopter un. Quelques semaines après cette visite, Sam est renversé par une voiture, toute la famille est dévastée par ce terrible drame. Quand Lena apporte un jour un des chatons, c'est avec beaucoup de réserve qu'Helen l'accueille chez elle. Comment s'en occuper alors qu'elle est rongée par le chagrin ? Rapidement, pourtant, toute la famille va se prendre d'affection pour Cléo, la chatte, et celle-ci va alors véritablement leur permettre de réapprendre à sourire, rire et surtout à vivre...

C'est un livre retrouvé parmi tant d'autres que j'avais plusieurs fois pris en main, mais en le reposant toujours. J'ai profité de mes vacances pour le lire, pour lire ce témoignage qu'a livré Helen Brown à travers ce roman Cléo & Sam.

Il n'y a pas plus grand drame que la perte d'un enfant, tout le monde sera d'accord avec cela. Quand Helen est confrontée à cela, c'est son monde qui s'arrête, c'est la culpabilité qui la ronge, c'est la question de savoir comment remonter la pente. Cléo, la petite chatte qui arrive dans leur vie, va alors être une véritable bouffée d'oxygène pour Helen, mais également Rob son deuxième garçon. Au fil du temps, Cléo va leur redonner goût à la vie et deviendra même un pilier essentiel de cette famille.

C'est un témoignage qui touche plus d'une fois, une histoire qui laisse les yeux brillants, mais aussi un formidable témoignage envers les chats et ce qu'ils peuvent nous apporter au quotidien. Les propriétaires et/ou amoureux des chats se reconnaîtront au fil des pages, approuveront ce que dit Helen à ce propos et apprécieront d'autant plus ce livre.

"Peut être la clé de la guérison de l'âme ne se trouve-t-elle ni dans les livres, ni dans les larmes, ni dans la religion, mais dans l'attention aux petites choses. Une fleur, ou l'odeur de l'herbe mouillée. L'amour de Cléo m'aidait à me rabibocher avec le monde"

Cléo devient un élément clé dans la vie de chacun, cette chatte a ce "pouvoir" qu'ont les chats. Vous savez, celui qui nous donne l'impression qu'ils nous comprennent réellement, quand ils viennent se poser près de nous quand cela ne va pas, quand ils manifestent leur mécontentement quand ce que nous faisons ne convient pas, ou encore quand ils ont ce regard transperçant signifiant presque "je te comprends et t'écoute...". C'est aussi ce témoignage dans Cléo & Sam, celui de ce pouvoir, de ce côté majestueux de cet animal.

Cléo & Sam, c'est donc aussi bien l'histoire d'un drame, d'un deuil, mais aussi l'histoire d'un chat qui bouleverse le quotidien d'une famille. On sourit, on rit, on est ému aux larmes et on a l'impression qu'Helen s'ouvre véritablement au lecteur. Avec beaucoup de sincérité, mais aussi de pudeur, Helen Brown parle ici de sa vie, son quotidien et l'après. On va suivre finalement cette famille pendant une vingtaine d'années, pendant tout le temps où Cléo les accompagnera avec les hauts et les bas de chacun.

Cléo & Sam est un livre touchant, bouleversant, et bien écrit. Je ne peux qu'admirer le courage d'Helen Brown d'avoir partagé avec les lecteurs son drame et ses difficultés à reprendre goût à la vie. Mais il faut surtout souligner ce magnifique témoignage aux chats qu'elle fait à travers ce livre et surtout à cette fameuse Cléo. Je ne peux que vous conseiller de lire ce roman/témoignage, et il vous fera certainement encore apprécier un peu plus les chats...

"Les chats ne sont pas des objets qu'on "prend". Ils débarquent dans la vie des gens lorsqu'on a besoin d'eux, et ils remplissent un rôle dont on ne prend souvent conscience qu'après coup."

Cléo & Sam d'Helen Brown est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
drame
deuil
chat
soutien
témoignage.


C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
Liberté je dessine ton visage d'Olivier Tarassot

Je suis en train de lire
Seulement si tu en as envie de Bruno Combes

Je lirai ensuite
On n'est jeune que deux fois d'Adena Halpern.

vendredi 25 août 2017

La Rentrée Littéraire & moi.


Personne ne peut y échapper, la Rentrée Littéraire, c'est l'événement du moment ! Vous le savez tout comme moi, c'est pas moins de 581 romans qui paraissent ou vont paraître à cette occasion. C'est fou comme chiffre, vous ne trouvez pas ? Pour certains, c'est un vrai défi, c'est se plonger complètement dedans et dévorer les nouveautés et pour d'autres ce n'est pas vraiment le cas. Où je me situe dans tout cela ? J'ai décidé de faire un petit post pour parler donc de La Rentrée Littéraire & moi.

Les articles sur la Rentrée Littéraire se multiplient, les chroniques pleuvent, les rayonnages des librairies débordent et pourtant, je ne suis tout cela que d'un œil. Cette année pour moi cet événement, c'est de loin !

Déjà parce que le nombre de livres attendus étant vraiment exceptionnel, difficile de pouvoir connaître TOUS les titres et de se faire une vraie idée. Bien souvent, des petites pépites se cachent dans ceux dont on parle le moins, ceux qu'on risque de louper. Je ne suis pas trop du genre à suivre les "phénomènes", les livres dont tout le monde parle à l'instant T, alors je vois déjà des titres qu'on encense et dont les avis sont plus que positifs, alors je les note oui pour les lire peut-être un jour d'ici quelques mois...

Ensuite, parce que pendant mes vacances, qui précédaient donc la Rentrée Littéraire, j'étais bien décidée à piocher au maximum dans les livres que j'avais déjà. Inutile de vous parler du phénomène de la PAL qui déborde, tout le monde le connaît maintenant. C'est ce que j'ai fait en majorité et en plus, j'ai lu de vraies merveilles, me disant "pourquoiiiii je ne l'ai pas lu plus tôt ???" (ça aussi, vous devez connaître). Les vacances, c'est la détente, le lâcher prise et ça s'est impacté sur mes lectures pour mon plus grand plaisir :) Je me souviens que l'année dernière pour Pôle Culture, j'avais une petite pression avec cette Rentrée Littéraire et je ne voulais absolument pas ressentir de nouveau cela...

En revanche, je note des titres qui me tentent ou m'interpellent espérant qu'ils rejoindront les rayonnages de ma médiathèque. Il y a quelques auteurs que j'ai découverts lors des Rentrées Littéraires précédentes et que j'aime lire, sans pour autant que ce soit une "nécessité". Mais à l'occasion, je les lirais, quand j'en aurais envie et ce même si c'est dans plusieurs mois.

Mais, oui, mais, j'ai tout de même découvert des titres de cette Rentrée Littéraire, certains même il y a de longues semaines dans le cadre de deux "événements". Je vous avais déjà parlé de ma participation au "Cercle des lecteurs Furet du Nord", pour rappel c'était par ici, mais j'ai aussi participé aux "Explolecteurs de la Rentrée Littéraire" de lecteurs.com.


Ces livres ont donc fait partie des quelques-uns que j'ai lu. Ce que j'ai aimé dans le principe de ces deux participations, c'est que ce n'était pas moi qui choisissais les romans à lire ! Ça m'a beaucoup amusé de découvrir les livres quand je les ai eu entre les mains, c'est là la réelle découverte, parce que ces titres, je suis sure que je ne les aurais jamais lus de moi-même. C'était une surprise à chaque fois, pas toujours très bonne, mais je n'ai retenu que du positif dans ces expériences. J'ai commencé à poster les chroniques de certains romans, les autres arriveront dans les semaines qui suivent, mais voici la liste de ceux que j'ai lu et dont on n'entend pas forcément parler en plus :

La Serpe de Philippe Jaenada **
Ma reine de Jean-Baptiste Andréa **
La Tour Abolie de Gérard Mordillat **
Un fantôme Américain d'Hannah Nordhaus **
Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable **
La société des faux visages de Xavier Mauméjean
Le petit garçon sur la plage de Pierre Demarty
De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia
- Des coeurs lents de Tassadit Imache ** (MC spéciale Babelio)

● livres lus pour "Le Cercle des Lecteurs Furet du Nord"
▲ livres lus pour "Les Explolecteurs de la Rentrée Littéraire"
** cliquez pour lire les chroniques déjà postées

Voilà pour La Rentrée Littéraire & moi, vous l'avez donc compris, je suis cela, mais vraiment de loin, en pointillé, on va dire. Alors, certes, je lis beaucoup de choses sur les sorties, les chroniques, et je fais des découvertes, mais plutôt pour des lectures futures si à l'occasion, je les trouve notamment en médiathèque :)

Comme toujours, chacun participe à ce genre d'événement de sa propre façon, et j'ai voulu parler un peu donc de ce qu'était la Rentrée Littéraire pour moi cette année. Alors ne vous attendez pas à voir débarquer plein de titres de celle-ci sur le blog, et non, ce sera plutôt limité cette fois-ci. Mais je compte bien vous parler des romans que j'ai aimé lire pendant mes vacances et qui peut-être feront grimper un peu plus votre PAL si vous ne les avez pas lu !

jeudi 24 août 2017

"La maison bleu horizon" de Jean-Marc Dhainaut


Alan Lambin est enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises, un peu comme un chasseur d'esprits ou de fantômes. Après un message laissé sur son répondeur en hiver 1985, il part à la rencontre de la famille Anneraux dans leur grande demeure d'un village de la Somme. Depuis quelque temps, le quotidien de toute la famille est bouleversé par d'étranges phénomènes et Alain va donc tenter de lever le mystère à ce propos. L'enquêteur ne se doute pas une seconde qu'il va y vivre une expérience bouleversante, une qu'il n'oubliera jamais et qui le projettera au coeur des tranchées de 1915...

Vous avez déjà pu constater à de nombreuses reprises, qu'entre les Éditions Taurnada et moi, c'est une longue histoire d'amour. Leur catalogue étant pourtant très diversifié, jusqu'ici chacune des lectures de cette maison d'édition a été une vraie belle découverte et je n'ai donc pas hésité à me plonger dans La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut.

Autant l'avouer de suite, je ne suis pas forcément très amatrice de fantastique et plus particulièrement de tout ce qui touche aux esprits ou autres fantômes. Ce qui m'avait dont attiré dans la quatrième de couverture de ce roman, c'est surtout l'aspect historique, qui lui me plaît beaucoup plus déjà ! Alors en cours de lecture, j'ai dû reposer une ou deux fois le livre, privilégiant de le lire en journée car oui Jean-Marc Dhainaut vous avez vraiment réussi à me faire frissonner et à rendre suspect le moindre petit bruit autour de moi.

La maison bleu horizon, c'est donc la rencontre d'Alan avec la famille Anneraux, une rencontre qui bouleverse la vie de chacun. Ce sont quelques jours pour lever le mystère sur des phénomènes étranges, quelques jours pour plonger dans une histoire de famille, mais également l'Histoire elle-même.

"Tous les fantômes ne hantent pas les maisons pour la même raison. Tous, sont là parce que quelque chose les retient : un choix personnel, une contrainte, une chose à finir, à dire, ou parfois même l'ignorance d'être mort. Mais il l'a toujours affirmé : il n'y a jamais de fantôme sans raison."

Dans ce roman, plusieurs personnages ont leur importance, même plutôt chaque personnage a son importance. Alan bien entendu, mais aussi chaque membre de la famille Anneraux que ce soit Hélène la mère, Thomas le petit garçon ou encore l'absence inquiétante du père. Chacun réagit d'une façon différente à ce qui leur arrive, et chacun à cette angoisse qui couve. Au fil des chapitres, on s'attache, on doute, on espère même sans se douter de la tournure que vont prendre les événements.

Et puis vient le côté historique, cette plongée dans les tranchées en 1915. La manière dont cela est amenée est très intéressante, comme Alan, on se dit que ce n'est qu'une simple coïncidence, alors quand le lien se fait l'histoire prend un tout autre tournant. Aborder un passage de l'Histoire n'est jamais chose aisée, il faut que ce soit recherché et maîtrisé surtout et c'est le cas dans La maison bleu horizon, on sent que l'auteur a fait des recherches, a voulu en parler de la manière la plus juste et cela s'apprécie fortement renforçant encore plus les passages à ce propos.

"Ce rêve était de ceux que l'on n'oublie pas, sans savoir pourquoi. Il était de ces rêves qui nous marquent, alors que sur le coup ils n'avaient pour nous aucun sens."

Également, les apparitions et autres phénomènes paranormaux sont recherchés. Ce n'est pas quelque chose de bateau, une porte qui claque, une apparition fantomatique indistincte ou un bruit isolé, non tout est parfaitement construit dans le moindre détail. C'est ça qui en est frissonnant, c'est qu'on s'imagine parfaitement chaque élément, on s'imagine projeté dans cette maison grâce aux détails et à cette maîtrise qu'a l'auteur pour cela.

Jean-Marc Dhainaut maîtrise tout dans ce livre ! Son écriture est juste, fluide, teintée de mystère et de sincérité. Le lecteur passe par une palette d'émotions, que ce soit cette petite peur qui s'insinue en lui, cet attachement pour la famille Anneraux et ce bouleversement quand l'histoire prend un nouveau cap avec le côté historique et avec les dernières révélations. Notre cœur s'emballe au fil des pages, nous n'avons pas de répit dans notre lecture reposant difficilement le bouquin en cours de lecture (sauf si comme moi, vous avez un petit côté froussard). L'auteur réussi à livrer un roman qui transporte véritablement, aussi bien dans cette maison hantée qu'au cœur des tranchées de la Première Guerre Mondiale.

Vous l'avez sûrement compris maintenant, mais La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut est un livre à lire ! Même si je ne suis pas amatrice de ce genre, j'ai vraiment aimé ce roman qui a réussit à allier deux histoires en une sans aucun problème. Tout découle naturellement de l'histoire, tout est juste et quand arrive la fin... ah si vous imaginiez un seul instant cette fin ! Vous imaginiez une simple histoire de fantômes ? Détrompez-vous ! Alors accrochez-vous et installez-vous confortablement, la demeure de la famille Anneraux vous est grande ouverte et n'attend plus que vous...

N'hésitez pas ! La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut est disponible aux Éditions Taurnada.

Merci aux Editions Taurnada.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
enquête
Histoire
phénomènes paranormaux
drame
suspens.

mercredi 23 août 2017

"Archer's Voice" de Mia Sheridan


Lorsque Bree s'installe dans cette petite ville du Maine, c'est avec une seule idée en tête : être seule, se ressourcer et commencer une nouvelle vie en essayant d'oublier ce qui lui est arrivé. La jeune femme profite de cette nouvelle liberté dans son chalet au bord du lac, mais lorsqu'elle rencontre Archer Hale elle ne peut l'oublier. Archer, cet homme mystérieux dont tout le monde parle sans pour autant le connaître vraiment. Qui est-il ? Bree est bien décidée à apprendre à le connaître, à savoir qui se cache réellement derrière cet homme vivant seul et renfermé et tandis qu'elle va se relever peu à peu de l'épreuve qu'elle a vécu, elle va aussi l'aider à s'ouvrir à elle et aux autres.

C'est un roman que j'avais hâte de lire vu l'engouement qu'il avait suscité outre-Atlantique et c'est ce genre de romance que j'aime tout particulièrement.

Bree est donc une jeune femme qui part s'isoler pour essayer de se relever du traumatisme qu'elle a vécu quelque temps plus tôt. Au fil des pages, on en découvrira à chaque fois un peu plus sur ce qu'elle a vécu, on la comprendra un peu plus également et surtout, on s'attachera rapidement à elle. Archer quant à lui nous paraît tout de suite très mystérieux, ne parlant pas et vu les rumeurs à son propos, il attise la curiosité de Bree tout autant que la nôtre.

"Oh mon dieu, Archer!Comment apprendre à quelqu'un qui à tout perdu à ne pas craindre que sa recommence?Comment apprendre à quelqu'un à croire en quelque chose que personne ne peut garantir?Cet homme si beau que j'aime avait l'air de tellement souffrir en exprimant son amour pour moi. Je souhaitais de tout mon cœur qu'il soit heureux, mais je comprenais très bien pourquoi il souffrait."

Alors, oui, Archer's Voice est une histoire d'amour mais pas que ! C'est également l'histoire de deux personnes qui vivent chacune un drame, de deux personnes qui vont se découvrir et apprendre à se connaître. Quand deux personnes blessées par la vie se rencontrent et s'appuient l'une sur l'autre pour se reconstruire et s'aimer, voilà comment on pourrait également parler de cette magnifique romance qu'est Archer's Voice.

Mia Sheridan nous plonge aussi totalement dans leur histoire respective, nous apprendrons à les connaître et à les comprendre au fil des chapitres. Au-delà des apparences, ce sont deux personnes brisées et bouleversantes que nous accompagneront dans leur relation qui n'est pas des plus aisées. On aurait presque envie de les aider, de les apaiser et de leur souffler que maintenant qu'ils se sont trouvés tout ira bien...

Alternant entre Bree et Archer selon les chapitres, cela nous permet de les comprendre au mieux tous les deux et de garder un bon rythme dans l'histoire qui se déroule. L'auteure réussit à nous faire passer du rire aux larmes (prévoyez quelques mouchoirs quand même si vous êtes des grands sensibles) et à nous toucher jusqu'à la fin. C'est une véritable reconstruction que vivent les deux "héros" de ce livre, non sans mal, mais qui donne à réfléchir.

"Le malheur n’arrive pas aux gens parce qu’ils le méritent. Ça ne marche tout simplement pas comme ça. C’est juste… la vie. Et peu importe qui nous sommes, nous devons prendre sur nous pour supporter ce qui nous arrive et tenter d’avancer malgré tout, d’aimer, de garder espoir… de croire qu’il existe un but à notre séjour ici bas. (J’ai pris ses mains un instant avant de les relâcher pour pouvoir continuer.) Et croire que ceux qui sont les plus blessés sont peut-être ceux qui dégagent le plus de lumière."

En bref, Archer's Voice est un véritable coup de cœur ! Parce que derrière cette romance qui peut sembler mièvre aux premiers abords, se cache une véritable histoire originale et totalement maîtrisée. Les personnages sont forts, ont une vraie histoire qu'on découvre au fil des pages et sont terriblement attachants. Mia Sheridan avec son écriture douce et juste nous livre une très belle histoire d'amour, nous montre qu'il ne faut pas se fier aux apparences, aux "qu'en-dira-t'on" et que malgré toutes les épreuves, il est toujours possible de se relever. Un peu comme un conte de fées des temps modernes finalement...

""Récemment, j’avais appris que l’amour était bien souvent une question de compréhension du langage de l’autre."

Si vous avez envie de découvrir une jolie romance, laissez-vous entraîner rapidement dans Archer's Voice de Mia Sheridan disponible dès à présent aux Éditions J'ai Lu.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
solitude
rencontre
se reconstruire
apparences
amour.

"La tour abolie" de Gérard Mordillat



Une tour en plein coeur de la Défense qui abrite aussi bien les puissances de Magister en son sommet, que les bas-fonds de Paris dans ses entrailles. Une multitude de personnages pour une représentation de la société actuelle qui fait parfois grincer des dents. La Tour abolie c'est une révolte qui gronde, un peuple qui se soulève et qui chamboule tout au passage. Accrochez-vous pour ne pas perdre le fil et pour faire face au langage parfois cru de l'auteur.

C'est un livre lu dans le cadre du "Cercle des lecteurs Furet du Nord". Je ne connaissais pas Gérard Mordillat avant de lire La Tour abolie et je n'aurais certainement pas lu ce livre si je ne l'avais pas découvert à travers ma participation à ce fameux cercle.

La Tour Abolie, c'est donc une tour, une tour de bureaux, une tour où des milliers de personnes se croisent sans cesse au quotidien. Et à travers cette tour, c'est donc toute la population qui est représentée avec pour seul objectif la réussite. Pour les plus grands au somment c'est réussir à s'imposer dans leur milieu professionnel, réussir à toujours gagner plus, pour les plus petits dans les sous-sols, c'est réussir à survivre un jour après l'autre, réussir à se nourrir et à faire face aux autres. Personne ne se connaît vraiment, personne ne veut vraiment connaître les autres à vrai dire...

"Vous voyez Marguerite, nous vivons tous ensemble dans cette putain de tour et nous ne savons rien les uns des autres. Oh, bien sûr on sait un tas de choses, on a des fiches, des dossiers, mais rien d'important. Rien qui puisse remettre en cause nos vies. Je ne sais rien sur vous, vous ne savez rien sur moi. Nous n'avons que des larmes muettes à échanger. Et en dessous, c'est pareil. Ils vivent comme des rats, ils grouillent, s'accouplent, font des gosses qu'ils abandonnent dans nos poubelles, et nous ne savons rien d'eux, rien. Absolument rien !"

Gérard Mordillat offre une parfaire représentation de notre société. En un seul et même lieu tout y est présent, des riches patrons aux salariés voulant grimper les échelons, en passant par celui qui voit sa vie basculer suite à son licenciement, aux SDF qui squattent un abri ou encore les sans-papiers qui travaillent au noir. En 500 pages, il met le lecteur face à tout cela, face à une réalité qui le dépasse parfois.

Les personnages sont vraiment très nombreux, ils se succèdent au fil des pages, nous perdons parfois le fil, mettant un peu de temps à situer l'un et l'autre. Chacun est représenté, chacun à sa propre histoire, mais tous vont sombrer vers l'abîme à un moment ou un autre, car cela gronde, la tension monte au fil des pages et on sent que tout cela finira par éclater.

Même si j'ai eu du mal à accrocher, à m'attacher aux personnages, je dois avouer que Gérard Mordillat offre tout de même ici un roman qui secoue le lecteur. Son écriture est vive, nerveuse même, son histoire surprenante et cruelle de vérité. Certains passages sont vraiment parfois crus, vulgaires, mais pour s'adapter au mieux aux classes sociales de chaque personnage.

Si vous ouvrez La Tour Abolie, vous allez plonger dans un livre qui ne laisse pas de marbre. Même si j'ai eu du mal à l'apprécier, notamment, car je ne me suis pas attachée aux personnages, c'est en reposant le livre que j'ai pris pleinement conscience de tout ce que celui-ci dégageait. C'est un roman qui fait réfléchir, qui dénonce l'attitude de certains, qui montre et fait penser que la colère gronde et finira bien par éclater et qui offre un final véritablement explosif. Un reflet quelque peu violent, poussé à l'extrême et cru de notre société, mais qui cache bien des vérités. Tentez l'expérience de ces trente-huit étages et sept sous-sols, mais accrochez-vous tout de même.

"Vous savez, il n'y a pas que de l'indifférence, il y a aussi trop d'ignorance, partout. Les gens préfèrent répéter des slogans que réfléchir. C'est plus facile de crier : "Allah akbar !" que de se battre pour de bonnes conditions de travail et de paye."

La Tour Abolie de Gérard Mordillat est disponible dès aujourd'hui aux Éditions Albin Michel.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
société
classes sociales
colère
dénonciation
nervosité.

mardi 22 août 2017

"Le serpe" de Philippe Jaenada


C'est un fait divers en 1941 qui a toujours garder une part de mystère. En octobre 1941, dans un château toute une famille est assassinée sauf Henri Girard qui appelle à l'aide. Henri Girard semble le coupable idéal et pourtant après un procès qui a fait grand bruit, il est acquitté. Le triple assassinat a longuement été un mystère, tellement mystérieux d'ailleurs que Philippe Jaenada a décidé d'enquêter là-dessus. Tel un véritable enquêteur, il se plonge alors dans les archives, dans les procès, reconstitue l'enquête pour essayer de trouver le vrai mot de la fin à cette énigme du Chateau d'Escoire.

En retirant ce livre pour le "Cercle des Lecteurs Furet du Nord, je me suis dit "ouhla c'est quoi ça ?". Je ne connaissais pas encore Philippe Jaenada, et je n'avais pas encore entendu parler de ce livre. Pourtant, rapidement, sur les réseaux sociaux, j'ai vu que c'était un livre attendu de cette Rentrée Littéraire, cela a quelque peu attisé ma curiosité, mais en me plongeant dedans, j'ai su que ce livre n'était vraiment pas pour moi.

C'est donc dans une véritable enquête que se plonge Philippe Jeanada avec La Serpe, une enquête pour découvrir la vérité sur ce triple meurtre qui semble bien garder une grande part de mystère. On embarque avec lui dans sa voiture, direction le Chateau d'Escoire et à travers ses recherches, c'est toute la vie d'Henri Girard qui se révèle, absolument toute sa vie !

Je ne sais véritablement que dire sur ce roman, pour être honnête, je n'ai pas du tout adhéré à celui-ci. Certes, l'histoire est intéressante, certes, on ressent que l'auteur a passé énormément de temps dans ses recherches disséquant le moindre élément, mais... je me suis ennuyée. N'adhérant pas dès le départ à l'histoire, difficile de lire en plus avec plaisir ce livre de plus de 600 pages.

Je sais que ce livre plaira à bon nombre de lecteurs, autant pour l'écriture de Philippe Jaenada et son humour distillé au fil des pages, que pour cette énigme du Château d'Escoire sur laquelle il enquête et découvre bon nombre de choses. Mais pour moi, il y avait beaucoup trop d'éléments, de détails dont je me serais bien passée et je me suis sentie enlisée dans l'histoire à cause de tout cela.

Mais bien entendu, si La Serpe vous tente n'hésitez pas un seul instant ! C'est simplement un livre qui n'était pas pour moi et qui attend son véritable lectorat qui saura lui l'apprécier. Comme dit plus haut, on sent que Philippe Jaenada a fait un travail de titan pour regrouper tous les éléments et archives sur cette affaire et bravo à l'auteur pour cela.

La Serpe de Philippe Jeanada est disponible aux Éditions Julliard.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
enquête
recherches
procès
mystère
passé.

lundi 21 août 2017

"Jules" de Didier Van Cauwelaert


Jules est un chien-guide d'aveugle, quand sa maîtresse Alice retrouve la vue après une opération pour lui, c'est une catastrophe, il perd son rôle, son but et il finit par être séparé d'elle. Quelques jours avant cela, Jules et Alice avaient croisé la route de Zibal vendeur de macarons à l'aéroport d'Orly, et lorsque Jules fugue c'est pour aller retrouver Zibal. Le chien n'a plus qu'une obsession, que l'homme et sa maîtresse se retrouvent et qu'il retrouve sa place auprès d'elle. Jules et Zibal forment alors un duo improbable pour une aventure pleine de surprises.

Dès que j'ai aperçu la couverture de ce roman, j'ai voulu le lire, comment résister à Jules ? Alors quand le roman de Didier Van Cauwelaert a rejoint ma PAL, il n'y est pas resté bien longtemps et je l'ai lu très rapidement.

Il y a donc Jules, Alice et Zibal. Trois personnages que rien ne laissait prédire qu'ils se croiseraient et surtout qu'ils auraient autant d'impact dans la vie l'un de l'autre et pourtant cette rencontre fortuite à Orly a bouleversé bien des choses. Quand Jules retrouve Zibal, la vie de celui-ci bascule, il perd son emploi, son logement et hérite alors d'un chien qui semble bien têtu. Leur quête pour retrouver Alice, qui elle n'a de cesse de penser à son chien Jules, ne va pas être de tout repos pour notre plus grand plaisir.

Premier roman de Didier Van Cauwelaert que je lis, je dois avouer de suite que j'ai passé un très bon moment de lecture. Dès les premières pages, j'ai été entraîné dans cette histoire et d'autant plus dès la fugue de Jules. Jules qui est donc finalement le cœur de ce roman, qui ne fait que remuer l'intrigue encore et encore jusqu'à la fin. Le duo formé par ces deux personnages, Jules et Zibal, est haut en couleur. Ils s'apprivoisent au fil des pages, non sans mal, et finalement se découvre le point commun d'avoir Alice constamment dans la tête.

Jules est un roman qui fait du bien, un de ces romans "feel good" qui fait sourire et rire. Ici, le pari fou de mettre en avant un chien-guide d'aveugle est plus que réussi. On s'attache à lui, mais tout autant à Alice et Zibal, on attend avec impatience quelles seront les prochaines péripéties et puis bien entendu, on espère un dénouement heureux.

Didier Van Cauwelaert a une écriture agréable et pleine d'humour. L'auteur avec son roman Jules, livre aussi bien une histoire où la romance se cache parmi les pages, mais également et surtout une jolie déclaration aux chiens-guide d'aveugle. On ne peut qu'admirer le véritable soutien et pilier qu'a été Jules dans la vie d'Alice. Je me suis laissée porter par l'histoire et début à la fin, et j'ai passé le bon moment de lecture que j'espérais en ouvrant ce livre.

Je ne peux que vous conseiller de partir à la rencontre de Jules, d'Alice et de Zibal. Vous allez vous attacher à ces trois personnages le temps de quelques heures, sourire avec cette lecture et surtout avoir envie de découvrir la suite dans Le Retour de Jules... En tout cas, c'est le cas pour moi et j'ai hâte de la lire !

Jules de Didier Van Cauwelaert est disponible aux Éditions Le Livre de Poche.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
chien
rencontre
bouleversement
recherche
destin.



C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
Cléo et Sam d'Helen Brown

Je suis en train de lire
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner d'Etienne Deslaumes

Je lirai ensuite
Love in Provence de Tamara Balliana.

mercredi 16 août 2017

"La dernière lettre de son amant" de Jojo Moyes


Ellie trouve un jour une lettre d'amour signée d'une seule initiale, une lettre qui sera suivit d'autres et qui lui livrera une correspondance amoureuse. La jeune femme mène alors l'enquête pour retrouver de qui il s'agit, tout en ne pouvant s'empêcher de repenser à sa propre conception de l'amour. Quarante ans plus tôt, dans les années 1960, Jennifer vit dans le luxe sur la Riviera. Depuis son accident de voiture, elle a perdu la mémoire et essaie tant bien que mal de reconstituer sa vie et ses souvenirs. Deux destins, deux femmes, des lettres qui vont les amener à se rencontrer...

Depuis le flot d'émotions que j'ai eu en lisant Avant toi de Jojo Moyes, j'espère secrètement à chaque fois que je lis un de ses romans de ressentir une nouvelle fois cela. On m'avait conseillé à de nombreuses reprises de lire La dernière lettre de son amant et je me suis enfin décidée à le lire. Mais autant l'avouer de suite, point de grandes émotions pour moi et je n'en suis ressortie pas totalement convaincu.

La dernière lettre de son amant, ce sont donc deux histoires, deux histoires d'amour dans deux époques différentes. Celle d'Ellie qui va donc tomber sur cette correspondance et qui en enquêtant dessus va en même temps repenser à sa façon d'aborder et de profiter de l'amour, et celle de Jennifer dans les années 1960 qui est au cœur même de ses lettres. Deux histoires qui se complètent plutôt bien et qui s'alternent dans le roman sans problème.

Je dois avouer que j'ai été totalement charmée par l'histoire de Jennifer, par cette femme qui voit sa vie basculer lorsqu'elle ressort amnésique d'un accident. Toute sa vie change, on découvre cela au fil des pages ne pouvant parfois retenir un soupir de déception pour elle, car on sait nous la vérité sur sa véritable histoire d'amour. Les chapitres alternent des années différentes de l'histoire de Jennifer, je me suis parfois sentie perdue avec cela, on découvre qu'on n'enchaîne pas forcément les mêmes choses sans réelle différence.

Pour l'histoire d'Ellie, même si c'est là tout le point de départ du roman, j'ai été moins emballé. J'ai trouvé cela un peu trop terne, lent même, sûrement du au fait que j'étais tellement attachée à Jennifer que je l'ai moins apprécié.

"La tête entre les mains, elle se met à pleurer. Pour Boot, pour Jennifer, pour les occasions qu'on rate et les vies qu'on sabote. Elle pleure aussi pour elle-même, parce que personne ne l'aimera jamais comme cet homme a aimé Jennifer et parce qu'elle se dit qu'elle est en train de gâcher ce qui aurait pu être une vie agréable bien qu'ordinaire. Elle pleure parce qu'elle est soûle, toute seule dans son appartement, et que l'un des rares avantages à vivre seule, c'est justement de pouvoir pleurer sans retenue quand on en a envie."

Jojo Moyes garde cette écriture qui fait qu'on lit avec beaucoup de plaisir ce roman. Elle réussit à retranscrire avec justesse les émotions, à faire qu'on ne s'ennuie pas un seul instant durant notre lecture et à offrir une fin digne de ce nom. Ses personnages sont toujours totalement maîtrisés, attachants et convaincants. La dernière lettre de son amant, c'est l'amour, l'espoir, les rencontres, mais aussi la chance qui peut toujours survenir là où on ne l'attend pas forcément.

Mais alors pourquoi je n'ai pas été totalement convaincue par La dernière lettre de son amant malgré tout cela ? Et bien, oui, Ellie et Jennifer sont attachantes, oui les émotions sont parfaitement retranscrites, oui l'histoire nous entraîne au fil des pages du début à la fin, mais je suis restée comme spectatrice de tout cela. Je n'ai pas été émue comme je l'espérais et comme dit plus haut, la partie concernant Ellie ne m'a pas charmé autant que l'histoire de Jennifer. Peut-être que la barre a été mis vraiment très haut avec Avant toi, certainement même, mais je suis persuadée que je retrouverais un jour avec Jojo Moyes une histoire toute aussi bouleversante, mais ce n'a pas été le cas cette fois-ci... Je vous encourage néanmoins vivement à découvrir cette auteure si vous ne l'avez encore jamais lu !

Dernière petite chose pour terminer, j'adore la façon dont les chapitres sont introduits à chaque fois avec ces lettres, mots de rupture. J'ai trouvé cela très original, mais aussi très touchant.

"Joyeux anniversaire ! Tu trouveras ton cadeau dans ce paquet, j’espère qu’il te plaira… Je pense à toi aujourd’hui tout particulièrement… parce que j’ai compris que, même si je t’aime, je ne suis pas amoureuse de toi. Je n’ai pas l’impression qu’on soit faits l’un pour l’autre. Quoi qu’il en soit, j’espère vraiment que ton cadeau te plaira et que ton anniversaire sera inoubliable.   Une femme à un homme, par lettre"

La dernière lettre de son amant de Jojo Moyes est disponible aux Éditions Milady.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
correspondance
passé
recherches
amour
secrets.



mardi 15 août 2017

"Ma vie (pas si) parfaite" de Sophie Kinsella


Katie a toujours rêvé de vivre à Londres, de travailler dans cette grande ville et de s'y épanouir. Elle y est enfin ! Mais entre les fins de mois difficiles, la colocation et les deux heures de trajet pour aller travailler tout n'est pas si rose que cela, même si elle persuade tout le monde du contraire. Le jour où elle se fait virer, elle n'a pas d'autres solutions en attendant que de retourner à la campagne. De retour chez son père, un projet fou pour rendre la ferme familial en lieu hype du Royaume-Uni va se concrétiser, tellement hype que ceux qu'elles côtoyaient à Londres risquent bien d'y mettre les pieds...

Cela faisait un long moment que je n'avais pas lu de romans de Sophie Kinsella, après avoir fait une overdose de sa série L'accro du shopping je n'adhérais plus tellement à ce qu'elle faisait. Avec Ma vie (pas si) parfaite j'espérais bien me réconcilier avec l'auteure...

Katie, ou Cat, est notre héroïne du jour à travers Ma vie (pas si) parfaite ! Une jeune femme qui travaille autant que possible pour tenter de grimper les échelons et de vivre la vie parfaite qu'elle laisse croire aux autres. Mais tout n'est pas si simple dans cette si grande ville, et la jeune femme va vite s'en rendre compte. On se délecte de ses péripéties, avouons-le, tout en espérant qu'elle puisse se réaliser pleinement. Jeune femme attachante, on se doute bien qu'elle va avoir quelques obstacles en travers de sa route pour réussir, mais c'est ce qu'on aime dans les romans de Sophie Kinsella.

"Vivre à Londres, c’est comme vivre dans un décor de cinéma, depuis ses ruelles à la Dickens jusqu’à ses hautes tours scintillantes, en passant par ses places secrètes et ses jardins cachés. À Londres, on peut être qui on veut."

J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Sophie Kinsella, son humour et sa plume pétillante. J'ai tourné les pages de ce livre sans m'en rendre compte, j'ai accompagné Katie de Londres à sa campagne natale avec grand plaisir et je me suis délectée de toutes les petites piques envoyées par l'auteure sur notre société. Sur les apparences parfaites qui nous font rêver, mais qui peuvent cacher bien des secrets, sur les réseaux sociaux sur lesquels chacun embellit sa vie pour masquer la réalité ou encore sur le manque d'attention que l'on porte aux autres pour se centrer sur sa petite personne. Katie c'est un peu moi, c'est un peu nous, Ma vie (pas si) parfaite à travers son histoire légère de prime abord, c'est aussi un constat doux-amer de nos vies actuelles.

"Un jour ma vie va ressembler à ce que je raconte sur les réseaux sociaux. Un jour."

Si peut-être comme moi vous aviez laissé de côté un moment les romans de Sophie Kinsella, il est temps de vous y remettre avec Ma vie (pas si) parfaite. On retrouve les ingrédients de tout bon roman de chick-lit , amour, humour, héroïne attachante, péripéties qui font sourire, voir rire, avec une légère pointe de sériosité qui nous amène à réfléchir sur quelques sujets. L'occasion de passer un très bon moment de lecture, de plonger dans une histoire plaisante et de sourire et rire durant quelques heures sans s'en rendre compte...

Ma vie (pas si) parfaite de Sophie Kinsella est disponible aux Éditions Belfond.

Merci à NetGalley & Belfond.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
rêve
ville
campagne
espoir
amour.

lundi 14 août 2017

C'est lundi ! Je lis ça, et vous ?


Pour bien débuter cette nouvelle semaine, le lundi est l'occasion de faire le point sur ses lectures ! Alors rien de bien compliqué, le principe est simple, on parle de sa lecture passée, de sa lecture en cours et de sa lecture à venir.

Je vous dis ce que je lis, et vous faites de même, ok ? :)

J'ai terminé
L'autre chemin d'Emilie Collins

Je suis en train de lire
Le bonheur n'a pas de rides d'Anne-Gaëlle Huon

Je lirai ensuite
Maybe Someday de Colleen Hoover.

dimanche 13 août 2017

"Le réveil du coeur" de François d'Epenoux


Le Vieux vit dans un petit village reculé de tout, un été durant tout le mois d'août, il accepte de garder son petit-fils Malo sans être vraiment réjoui. Durant un mois le jeune garçon et le grand-père un peu bourru vont alors cohabiter et apprendre à se connaître. Un lien se crée rapidement entre eux, ils vont partager plus de choses qu'ils ne l'imaginaient et vont surtout apprécier plus qu'ils ne pensaient ses semaines à vivre à deux...

C'est un livre que j'ai pioché totalement au hasard dans ma PAL, et dont je ne me souvenais guère. Je me suis alors rendue compte que j'avais lu peu de temps avant un autre roman de François d'Epenoux, Les jours areuh, mais j'ai tout de même décidé de lire Le réveil du cœur après en avoir relu la quatrième de couverture.

Dans ce roman, il y a d'abord l'histoire de Jean et de Leila qui vont alors devenir parent. Jean a une crainte, plusieurs même, d'autant plus que la relation avec son père n'est pas brillante. Et il y a ensuite l'histoire de cet été que partagent le Vieux et Malo. Le réveil du cœur, c'est une histoire de générations, une histoire d'hommes aussi. Il y a le grand-père, le Vieux, le petit-fils Malo et le père Jean. Trois hommes, qui se connaissent, apprennent à s'apprivoiser et partagent plus qu'ils ne le pensent.

Même si c'est un roman sans grand suspens, dont on attend rien de particulier et qui se lit sans grande espérance, ce livre offre une lecture agréable. De part l'histoire de ses trois hommes, et surtout du Vieux et de Malo, que part le ton de l'auteur tout au long de celle-ci. Le Vieux et Malo sont deux générations opposées, quand l'aïeul souhaite montrer et presque prouver à son petit-fils que tout était mieux avant, le petit apporte par petites touches un vent de modernité chez son "grand-paria". Le ton est tantôt caustique, acerbe et tantôt tendre et touchant.

"Jour après jour, je ne me lasse pas de voir évoluer ce garçon. Si l'avenir du monde est à son image, s'il incarne une parcelle de ce que sera l'humanité demain et s'il y a une toute petite chance pour qu'aux quatre coins du monde les Malo soient nombreux, alors il y a lieu d'espérer."

François d'Epenoux livre une histoire de famille, une histoire de générations qui se mêlent et se démêlent. Entre ce qui était mieux avant pour certains, et ce qui est mieux aujourd'hui pour d'autres, finalement, sans grande surprise, chacun y trouve un juste-milieu. L'auteure offre un récit agréable, teinté de beaucoup d'humour et d'une pointe de tendresse.

Si vous espérez un livre qui tient en haleine et offre des rebondissements dont on ne s'attend pas, passez votre chemin. En revanche, si vous voulez simplement, une lecture plaisante, qui prête à sourire et qu'on lit en sachant déjà comment cela risque de finir, tentez ! Le réveil du cœur va vous faire rencontrer trois hommes d'une même famille, qui ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre malgré ce qu'ils en pensent, et certains risquent même d'être touchés par leur histoire.

Le réveil du cœur de François d'Epenoux est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
parentalité
famille
vacances
enfance
souvenirs.


samedi 12 août 2017

"Poussières d'étoiles" de Priscille Sibley


Matt et Ellie se connaissent depuis leur plus jeune âge et ont partagé une amitié solide avant de partager un amour sincère. Ils sont tout pour être heureux, enfin presque, un enfant manque à l'appel. Et un jour, c'est le drame, Ellie après un grave accident tombe dans un coma irréversible. Matt est dévasté, il sait que sa femme ne désire pas être maintenue en vie artificiellement, mais lorsqu'ils découvrent qu'Ellie est enceinte tout change. Il est alors face à un terrible dilemme : maintenir Ellie en vie pour donner une chance au bébé ? Ou ne pas la maintenir en vie artificiellement comme le souhaitait Ellie ?

C'est un roman que j'avais depuis très longtemps dans ma PAL et que j'avais déjà sorti à de nombreuses reprises sans me plonger dedans. Cette fois-ci, il fallait que je lise enfin Poussières d'étoiles de Priscille Sibley, et j'ai bien fait.

Autant dire les choses de suite, Poussières d'étoiles est un roman bouleversant. Bouleversant par cette tragédie qui arrive à Matt et Ellie, par les décisions qui doivent être prises, et par tous les échecs pour fonder une famille que nous découvrons au fil des pages. Forcément, on s'attache énormément à ce couple, et surtout à Matt pour qui son monde s'écroule. Lorsque Matt fait son choix, c'est une terrible lutte qui l'attend. Une lutte contre sa famille, celle d'Ellie et on admire celui-ci dans la force qu'il met pour tenter de sauver son enfant. Au fil des pages, l'histoire d'Ellie et Matt nous est dévoilée, de leurs débuts jusqu'à aujourd'hui et nous comprenons alors le choix qu'il a fait.

À travers ce roman et cette histoire, Priscille Sibley soulève les questions sur la fin de vie, sur les dernières volontés, sur le fait de maintenir en vie une femme pour sauver l'enfant qu'elle porte. Des thèmes lourds et sensibles, chacun ayant son avis sur la chose, la loi régissant certains éléments avec précision, mais abordés avec beaucoup de délicatesse. L'auteure ne cherche pas à dénoncer, mais plutôt à amener chacun à se poser les bonnes questions et à s'imaginer devoir faire des choix dans une situation comparable.

Priscille Sibley offre avec Poussières d'étoiles un roman bouleversant, touchant, mais aussi un roman avec une magnifique histoire d'amour. L'écriture de l'auteure est douce, sensible, délicate et dégage beaucoup d'émotions. Impossible de rester insensible durant cette lecture. On s'imagine à la place de Matt, on l'accompagne du début à la fin, on vibre d'espoir au fur et à mesure que les jours passent et on dévore ce livre sans s'en rendre compte finalement.

Poussières d'étoiles est un livre que je vous recommande vivement ! L'histoire de Matt et Ellie est portée par le véritable Amour, avec un grand A, et nous touche profondément. Ce drame nous touche beaucoup certes, mais est aussi porté par un magnifique espoir, l'espoir d'offrir une chance à cet enfant, l'espoir que le corps d'Ellie réussisse tout de même à donner la vie. J'ai refermé ce livre profondément émue et je sais que je n'oublierais jamais celui-ci...

"Tu connais cette chanson, "Woodstock"? Elle dit que nous sommes des poussières d'étoiles, et c'est vrai. Nous sommes issus de la poussière d'étoiles. Tout sur cette Terre n'est que cendres."

Poussières d'étoiles de Priscille Sibley est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
amour
drame
espoir
enfant
combat.


vendredi 11 août 2017

"L'année du flamant rose" d'Anne de Kinkelin


Ethel, Louise et Caroline sont trois amies qui partagent tout. Toutes trois créatrices, elles travaillent à proximité l'une de l'autre, se voient quotidiennement et sont toutes aussi passionnées. Lorsque Louise ramène un flamant rose empaillé de ses vacances, celui-ci le suit partout et elle l'installe dans son atelier. Ce simple flamant rose va alors changer son regard sur la vie, va l'aider à tenir face à une rupture soudaine et va entraîner plus d'un bouleversement.

L'année du flamant rose d'Anne de Kinkelin est un livre sur lequel je suis tombée par hasard à la médiathèque et auquel je n'ai pas résisté à cause de tout ce joli rose présent sur la couverture.

C'est donc un trio d'amies au centre de cette histoire, trois amies qui semblent unies et qui partagent beaucoup de choses. Ethel, Louise et Caroline ont chacune une vision de l'amour bien différente, mais chacune a pour but de vivre le grand amour à sa manière. En une année, tout va basculer pour chacune d'elle et nous assistons donc à cela.

L'année du flamant rose, c'est une histoire d'amitié avec des hauts et des bas, des histoires d'amour qui finissent pas toujours si bien que ça et c'est surtout l'histoire d'une année riche en changements. Nos trois amies ont chacune leur propre caractère et des attentes bien ciblées, il est plaisant de voir trois personnages proches, mais ayant une personnalité bien marquée qui offrent donc des points de vue différents et surtout sur l'amour. Tandis que l'une rêve du grand amour, l'autre ne veut pas s'attacher tandis que la troisième tente de se relever après une rupture.

À travers son roman Anne de Kinkelin offre une romance sympathique. On se laisse porter au fil des pages, mais sans réelle grande attente pour ma part, je dois avouer. Bien que Caroline soit quelque peu attachante, je n'ai pas eu pendant ma lecture cette réelle envie de l'accompagner dans son aventure et son quotidien, j'ai plus eu de la sympathie pour elle, mais sans plus. L'auteure laisse également pas mal d'éléments sous silence, laissant certes des libertés d'interprétation au lecteur, mais c'est quelque chose qu'on apprécie ou non (et ce n'est pas le cas pour ma part).

L'année du flamant rose est un roman divertissant, court et qui se lit rapidement. C'est une lecture plutôt légère, mais qui ne m'a pas personnellement emballé plus que cela. C'est un de ces romans que je ne retiendrais pas, sinon simplement ce flamant rose empaillé si original qui est l'élément déclencheur, mais aussi finalement un spectateur important de l'histoire.

Si vous voulez découvrir L'année du flamant rose d'Anne de Kinkelin, ce livre est disponible aux Éditions Charleston !

5 mots en bref pour décrire ce livre :
amitié
amour
créations
quotidien
sympathique.

jeudi 10 août 2017

"Mensonge d'une nuit d'été" de Charlotte Marin


Alors qu'elle vient de passer plusieurs mois en Inde, c'est une grande fête qui attend Charlotte pour fêter son retour. L'occasion de revoir tous ses amis et sa famille, mais aussi de croiser Martin son ex qui semble aller pour le mieux. Vexée et quelque peu jalouse, grisée par la fête et l'alcool, Charlotte annonce qu'elle va se marier ! Alors qu'elle compte annoncer que ce n'était qu'un mensonge et un terrible malentendu, elle apprend que pour sa mère malade, c'est l'occasion inespérée de se rétablir elle qui voulait baisser les bras, tandis que ses amis sont déjà à pied d'œuvre pour lui offrir un mariage de rêve. Mais Charlotte est célibataire, alors avec qui va-t-elle donc se marier ?

Mensonge d'une nuit d'été de Charlotte Marin est un livre retrouvé dans ma PAL, un livre que j'ai jugé idéal à sortir pour les vacances et j'ai bien fait.

C'est donc Charlotte, l'héroïne de ce roman ! Une jeune femme qui s'avère être rapidement un peu "fofolle" et d'autant plus après avoir lâché cette annonce. Elle s'enlise dans son mensonge, ne sait comment reconquérir Martin et enchaîne les bévues. Autant le dire de suite : Charlotte c'est ce genre de personnage qui fait rire sans prise de tête !

Mensonge d'une nuit d'été, c'est exactement ça, un livre sans prise de tête qui nous fait beaucoup rire. Le ton est donné dès les premières pages, l'humour sera omniprésent aussi bien à travers les personnages, les péripéties de Charlotte, mais aussi les jeux de mots qui ponctuent ce livre. J'ai rit plus d'une fois, parfois même aux éclats, me demandant bien où toute cette affaire aller mener notre jeune femme.

"J'ai beau tirer la chevillette, la bobinette ne choit pas, mais alors pas du tout ! Martin pose la caisse et essaie de forcer, sans succès. On se regarde, éberlués, puis on se met à gueuler et tambouriner comme des réfugiés politiques à la porte d'une ambassade. Malheureusement, en haut, Shakira est loca, loca, pendant que nous, on est loquet locké."

Charlotte Marin à travers son roman, livre une histoire idéale pour l'été ! Ce petit livre de moins de deux cent pages, offre une histoire plaisante, divertissante dans laquelle nous retrouvons amour, amitié et famille. Pour quelques heures de lecture, c'est beaucoup de légèreté qui attend le lecteur et c'est quelque chose qu'on apprécie pleinement. Même si l'histoire semble déjà vue, même s'il n'y a pas un suspens qui tient en haleine, on se délecte des bévues de notre héroïne et de tous les personnages qui l'entourent.

Alors mariage ou pas ? Charlotte va-t-elle réussir à se sortir de ce piège qui se referme sur elle ? N'hésitez pas à lire Mensonge d'une nuit d'été de Charlotte Marin pour tout savoir et pour passer un vrai moment de détente !

Mensonge d'une nuit d'été de Charlotte Marin est disponible aux Éditions Pocket.

5 mots en bref pour décrire ce livre :
humour
mensonge
mariage
amour
reconquête.


La chronique de Lili #3


Lili, en fait, c'est ma sœur, est aussi une grande lectrice et plus particulièrement de thrillers et polars. Je lui ai alors proposé d'avoir une petite chronique de temps en temps pour parler de livres, de ce qu'elle veut même ayant un rapport avec ceux-ci, chose qu'elle s'est empressée d'accepter. Depuis quelques mois, vous avez donc l'occasion de retrouver "La chronique de Lili" et c'est elle qui parle un coup littérature, bibliothèque, auteurs, salons et j'en passe...


J'ai pour prédilection les thrillers, polars ou encore romans à suspens, mais pour juillet, j'ai voulu quelque chose de plus léger à lire.

J'ai vu ces livres passé un peu partout et ma curiosité envers tout ce que j'ai lu de positif m'a un peu poussé à m'y intéresser et entamer le tome 1.

De pages en pages, de chapitres en chapitres, je me suis laissée aller dans cette lecture qualifiée "ado", mais qui convient parfaitement à des lecteurs plus âgés. Et il faut avouer que le personnage de Tyler sait faire fondre les cœurs...

Finis le suspens, le mois d'août est consacré à la "trilogie" D.I.M.I.L.Y Did I Mention I Love You d'Estelle Maskame.

Pour conclure, je suis aussi curieuse de voir si leurs aventures vont continuer avec un quatrième livre... C'est bien écrit, frais, estivale et on en devient vite accro !


Tome 1 : Did I Mention I Love You ?
Eden 16 ans vit à Portland avec sa mère. Son père, lui, a refait sa vie à Santa Monica en Californie. Eden va passer l'été dans la famille recomposée de son père et va découvrir qu'elle a trois demi-frères. Le plus âgé, Tyler, est un vrai bad boy. Fascinée par celui-ci, rien ne sera plus comme avant pour Eden...

Tome 2 : Did I Mention I Need You ?
Tome 3 : Did I Mention I Miss You ?
Afin d'éviter de spoiler toute l'histoire du premier (Did I Mention I Love You), je ne vous mets pas les résumés des tomes 2 et 3, ils en disent beaucoup trop :)

Sachez que ces trois livres d'Estelle Maskame sont disponibles aux Éditions Pocket Jeunesse.

mercredi 9 août 2017

- Emilie Collins -

Une nouvelle interview en plein mois d'août ? Hé bien oui, pas de temps mort pour vous faire découvrir des auteurs et des livres qui se doivent d'être lus !

Aujourd'hui, une auteure s'est à son tour prêtée au jeu de ma petite interview et de mes questions à la suite de la lecture d'un de ses romans... Il s'agit d'Emilie Collins !

Copyright Erge

J'ai découvert Emilie Collins avec la parution de son dernier roman Les délices d'Eve. Oui, souvenez-vous, ce roman doux et sucré, qui nous fait saliver aussi bien avec l'histoire d'amour qu'il renferme qu'avec toutes les délicieuses pâtisseries croisées au fil des pages... Si vous l'avez loupé, je vous parlais des Délices d'Eve par ici !

À la suite de quelques échanges, Emilie Collins a bien voulu répondre à mes quelques questions et je vais être tout à fait honnête avec vous, j'ai pris un énorme plaisir à lire ses réponses qui m'ont fait rire, sourire et qui respirent la passion et la joie de vivre (et la pâtisserie !). Je suis sure que vous allez les apprécier autant que moi, alors je vous laisse les découvrir dès à présent...

Bonjour et bienvenue sur LaDoryquilit Emilie, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, merci à LaDoryquilit de m’accueillir ! Oh la la, me présenter ? Exercice difficile ! J’ai trente-huit ans et suis naïve comme une gosse. J’essaye de mon mieux d’élever mes trois petits lutins, et eux me disent que je suis une mère complètement « perchée » (c’est leur mot !). J’adore le Nutella et je me soigne aux plantes et huiles essentielles. Je m’intéresse à tout, mais j’ai arrêté de regarder les informations, car cela me faisait fondre en larmes. Je passe mon temps à lire ou écrire des livres, et adore réfléchir « avec mes mains » en bricolant ou jardinant. En fait, je crois que je me résume à une accumulation de contradictions qui ont pour seul point commun que je me sens à l’aise avec toutes !

Parlez-nous un peu de votre nouveau roman "Les délices d'Eve" paru il y a quelques semaines dans la Collection &moi.

C’est mon bébé ! J’ai pris énormément de plaisir à l’écrire. Quand je l’ai enfin tenu entre mes mains avec cette couverture que j’aime tant, je l’ai relu, et je me suis dit : « mince, c’est moi qui ai écrit ça ? ». En fait, il me donne la même impression que mes lutins. Je l’ai fabriqué et mis au monde, mais il ne m’appartient plus, je ne peux que le regarder prendre son envol et accomplir son chemin du mieux qu’il peut. Zach et Eve ont fait partie de moi pendant plusieurs mois. J’ai dormi avec eux, je les ai consolés, écoutés, poussés dans leurs retranchements. Mais aujourd’hui ils ont quitté le nid, et appartiennent aux lectrices qui les investissent de leurs propres émotions. Je ne peux que les regarder grandir en les accompagnant de mon amour.

"Les délices d'Eve" fait la part belle à la pâtisserie à travers son histoire, pourquoi ce choix ?

Parce que je suis horriblement gourmande ! Sachant que j’ai été diététicienne, mon alimentation est catastrophique, j’illustre parfaitement le proverbe « les cordonniers sont les plus mal chaussés ». Avec cette histoire, je voulais transmettre mon goût pour la pâtisserie, et c’était l’occasion pour moi de m’y fourvoyer sans complexe et sans mauvaise conscience ! Mais la pâtisserie, au-delà du plaisir que l’on prend à la déguster, est un art extrêmement exigeant et difficile. Il demande beaucoup de travail, d’investissement, de rigueur. C’est un métier que l’on ne peut faire qu’avec passion. Et c’est cet aspect-là que je souhaitais montrer également, la passion et le travail. Parce que lorsque l’on entre dans une pâtisserie, ou que l’on voit arriver son dessert au restaurant, ce que l’on savoure, c’est la passion et l’amour du pâtissier pour son travail. Je crois que chaque dessert est un don de soi, un cadeau que l’on offre à celui qui le mange. Et tous ceux qui passent un après-midi en cuisine pour préparer un dessert somptueux à des amis, toute maman qui fabrique un gâteau d’anniversaire pour son enfant sait de quoi je parle. La mère, ou le père, qui prépare quotidiennement le repas familial le sait aussi, et je l’ai appris à mes lutins. Aujourd’hui, quand le plus petit me demande ce que j’ai mis dans le plat, les deux grands lui répondent « Tu sais bien que quand maman cuisine, l’ingrédient principal, c’est l’amour ».

 Votre livre est assez riche, entre la passion qui est vraiment au rendez-vous aussi bien la passion amoureuse ou la passion professionnelle de chacun des personnages ou encore la mise en avant des liens familiaux très forts entre un frère et une sœur. Comment avez-vous fait pour tisser cette histoire autour de tout cela ? 

Pour ce livre, je n’ai pas eu besoin de faire de recherches. J’ai passé un BTS de diététique, et j’ai travaillé dans un hôtel restaurant pendant six ans. Je savais donc de quoi je parlais pour l’avoir vécu : j’ai puisé dans mes émotions. Je connais l’ambiance qui règne dans une cuisine, les gestes techniques, l’esprit d’équipe, la tension du coup de feu. Je le répète parce que c’est important pour moi : ce sont des métiers très exigeants, très durs physiquement et émotionnellement, et avec peu de retours. L’artiste qui sue, cours et souffre dans sa cuisine n’entend pas les exclamations de bonheur qui s’élèvent dans la salle, ils ne voient pas les yeux brillants de ceux qui se régalent de son œuvre. Il faut donc qu’il trouve ses forces dans cette passion pour ce qu’il fait. Et je peux vous dire que quand vous ouvrez la cuisine au petit matin en plein hiver et que ça gèle (il n’y a pas de chauffage en cuisine), ou que vous finissez le service avec les jambes lourdes et le dos brisé, il en faut de la passion pour revenir le lendemain et donner chaque jour le meilleur de vous-même ! La passion, je crois que c’est une façon d’être. Il me paraît difficile d’être passionné au travail, et de tempérament raisonnable et posé dès qu’on pose son tablier ! Alors c’est une nature que l’on apprend à gérer, comme tout autre trait de caractère, avec les forces et les faiblesses que cela apporte. Quant au lien très fort qui unit Sébastien et Eve, il découle à la fois de ce caractère passionné et de l’univers hostile où ils ont grandi. Leur mère n’a pas joué son rôle (contrairement à la mienne, qui est une vraie mère poule aujourd’hui encore !), ils se sont donc refermés sur eux-mêmes pour compenser. Leur lien est ce qui leur a permis de survivre, mais surtout de panser leurs blessures affectives. Parce que tout être vivant a besoin d’amour et de protection. Alors s’il ne le reçoit pas là où il le devrait, il ira le trouver ailleurs. Et ce lien choisi sera d’autant plus fort.
Je suis vraiment désolée, je peux être très bavarde, je vous fais des réponses très longues !!

Vos personnages d'Eve et Zacharie vous ont-ils été inspirés par des personnes "réelles" ou sont ils uniquement sortis de votre imagination ? D'ailleurs, imaginons une seconde que vous devez leur donner un visage pour un film, quels acteurs pour les interpréter ?

Zacharie s’inspire d’un homme que je respecte profondément, le chef Etchebest, Meilleur Ouvrier de France et rugbyman… cela vous rappelle quelque chose ? 😉 Je m’en suis directement inspirée parce que j’admire à la fois le professionnel et l’être humain. C’est un personnage public, il suscite donc forcément des réactions contradictoires. Mais par ce que je sais de son parcours, par le caractère qu’il montre dans ses émissions, et par les échos que j’ai eu de personnes l’ayant vraiment connu, je peux dire qu’il est fidèle à l’image qu’il montre. C’était donc pour moi une façon bien humble et anonyme de lui rendre hommage. Eve… je ne peux pas vous dire. Eve a débarqué dans ma tête sans que je l’aie choisie. Je crois qu’elle était vraiment destinée à Zach. Parce qu’elle est suffisamment forte pour lui tenir tête, et suffisamment douce et vulnérable pour lui apprendre à « arrondir les angles ».

Le Chef Etchebest

Pour les acteurs, wouaaa, quelle question !! C’est comme écrire sa lettre au père Noël !! Je crois que pour son professionnalisme, sa rigueur, son sens du devoir et ses difficultés émotionnelles, je verrais très bien Zach incarné par Alex O’Loughlin, l’acteur qui joue Steve dans le remake de la série Hawaii 5-0. Et vu qu’il est tout simplement à tomber, surtout si vous avez son numéro n’hésitez pas à lui proposer le rôle, je lui donne sans problème ! Mais bien sûr il faudrait qu’on déjeune ensemble pour en parler… Pour Eve, aïe, je ne sais pas. Je vais rarement au cinéma (à part pour des dessins animés !), et je regarde très peu la télé, donc mes références sont plutôt anciennes… Jennifer Garner peut-être ? Mais je ne suis pas convaincue.

Alex O’Loughlin & Jennifer Garner

Parlons un peu plus de vous maintenant Emilie, pour faire le lien avec votre roman "Les délices d'Eve", si vous étiez une pâtisserie laquelle seriez-vous et pourquoi ?

Euh… je peux choisir la farandole des desserts ?? Parce que entre une tarte aux framboises, à la fois croustillante, crémeuse, gorgée de soleil et sucrée avec une pointe d’acidité… ou la crème brûlée, avec sa carapace de sucre caramélisé qu’il suffit de tapoter pour craquer, et la douceur fondante de sa crème… ou le fameux triple chocolat sur lit de biscuit craquant… impossible de choisir ! Comme je le disais, je suis faite de beaucoup de contradictions, alors j’aime les pâtisseries contrastées. Et les framboises… c’est mon enfance et le jardin de mon grand-père avec sa pipe.


Qu'est ce qui vous a donné envie d'écrire ? Et plus particulièrement des romances ? 

Je n’ai pas une très bonne mémoire, mais il paraît que déjà quand j’étais gamine, je me baladais avec dans mes poches des petits carnets où j’écrivais des histoires et créais des personnages. Je crois que rien ne m’a donné envie d’écrire. J’écris parce que c’est en moi, tout comme j’ai les yeux marrons ou les cheveux rebelles. L’écriture s’est endormie plusieurs années, mais depuis qu’elle s’est réveillée, j’ai pris conscience qu’elle fait partie de ce que je suis. Et quand je n’écris pas, c’est que je réfléchis à ce que je vais écrire. Les embryons d’histoires, des répliques de personnages, des décors ou des rencontres occupent constamment une partie de mon esprit. C’est parfois difficile à vivre. D’abord parce que cela veut dire qu’il n’y a aucun moment où je puisse dire « ouf, j’ai fini mon boulot, je me pose avec un apéro ». Parce que autour de la table, il y a encore des ombres de personnages qui trainent. Ensuite parce que ces histoires, quand elles ont assez muri pour arriver à la phase d’écriture, sont parfois plus consistantes que le présent réel. Sauf pour mes lutins, qui eux ont la priorité absolue. Mais il m’arrive d’essayer de plonger mon chéri dans mon histoire en cours d’élaboration, de lui parler de mes personnages comme s’ils étaient réels et que je venais de passer la journée avec eux… et de sentir qu’il est un peu dépassé parce que ça fuse dans tous les sens !! 😉 Alors il m’écoute parce qu’il sait que j’ai besoin de partager ça avec lui, puis il attend patiemment que l’histoire soit écrite pour la lire et me donner son avis.

Je suis venue aux romances un peu par hasard. Ce qui me plaît dans les romances, c’est la liberté qu’elles donnent. D’accord, il y a une trame « officielle » : le fil directeur de l’histoire est une histoire d’amour, et il y a un happy end. Mais je considère cela comme la toile vierge d’un tableau : à l’intérieur de ce cadre, on peut faire absolument ce que l’on veut ! Et c’est cette liberté que j’aime. Je peux donc explorer tous les domaines que je veux, toute la gamme des émotions humaines, adopter le point de vue qui m’inspire, avoir un style différent à chaque histoire… Il n’y a pas de limite. 

Etes-vous vous-même une lectrice de ce genre ? Avez-vous justement des titres à nous recommander peut-être ?

J’en ai lu jeune, j’avais arrêté, et je redécouvre maintenant. Ce qui me plaît justement, c’est cette liberté nouvelle qui souffle sur la romance et dont je viens de parler. Je le trouve notamment beaucoup dans les plumes francophones que j’ai découvertes, comme Julie Huleux, Mikky Sophie ou Céline Mancellon, Lhattie Haniel ou Florence Cochet. Et étant publié chez Emoi, je me suis spontanément rapprochée de Scarlett Cole, dont j’aime beaucoup l’œuvre et qui est une personne adorable. Mais toutes les auteures que j’ai rencontrées, notamment comme vous, au Festival des Romantiques, sont adorables.

Exemple de romans des auteures citées par Emilie Collins

Certains auteurs ont des méthodes d'écriture bien particulières, comme suivre un schéma pré-établi, écrire dans le silence ou un endroit particulier, avez-vous des petits rituels d'écriture ?

J’aimerais !! Mais en fait, avec trois lutins d’âges différents (mes fils ont 4 ans, 8 ans et 13 ans) et ayant donc des rythmes et des besoins variés, il est difficile d’avoir un emploi du temps régulier. Du coup j’ai appris à m’adapter, un peu comme les gens qui travaillent de nuit et sont capables de dormir à n’importe quelle heure ou de faire des siestes éclair pour récupérer. J’écris dès que je peux, j’ai toujours un carnet sur moi. Je peux écrire un quart d’heure au parc, comme quatre heures d’affilée quand ils sont à l’école et que je ne travaille pas. La plupart du temps, l’histoire se construit longtemps dans ma tête, elle m’empêche de dormir, fait les courses avec moi, étend le linge… jusqu’au moment où nous sommes prêtes toutes les deux. Tout est dans ma tête, mais je n’ai jamais de plan établi, je ne sais jamais où chaque phrase va m’entraîner, et parfois un simple mot fait jaillir tout un chapitre nouveau dont je n’avais pas idée. Alors l’écriture peut se faire très rapidement. Le premier jet des Délices d’Eve a été écrit en un mois et demi. Et vient ensuite le temps où il faut se détacher du livre, le laisser reposer, le relire, le soumettre aux beta lectrices, laisser reposer leurs avis, relire… Les fois où les mots coulent à flot, je travaille à l’ordinateur, car je tape plus vite que je n’écris. D’autres moments plus difficiles ou parfois d’une tonalité particulière exigent le papier. Mon seul rituel peut-être, est que j’aime garder le même stylo pour tout un livre. Je le prends au hasard au début, mais après j’ai besoin de le retrouver tout du long. Un peu comme un bâton de marche. 

"Les délices d'Eve" est votre second roman, après "L'autre chemin", de nouveaux projets sont-ils en cours ? 

Oh oui alors !! Je travaille sur une série très particulière, dont le premier tome est en correction. J’espère pouvoir vous en dire plus rapidement ^^ Et vu le succès de Sébastien et les demandes de spinoff que de nombreuses lectrices m’ont transmises… hé bien oui, Sébastien est revenu hanter mes nuits, et son histoire est en train de se construire dans ma tête. Je vous avoue qu’au début, cela m’impressionnait, car il a eu un tel succès, que je me disais qu’il serait impossible de raconter son histoire en étant à la hauteur des espoirs qu’il a fait naître. Mais je crois avoir réussi à me « reconnecter » avec lui, parce qu’il m’a soufflé durant plusieurs nuits blanches ce qu’il voulait vivre, et comment, et avec qui. Donc je lui ai demandé de me laisser dormir pour travailler sur le tome 2 de ma série, et lui ai promis qu’après ce serait son tour ! Vous le connaissez, Sébastien est un homme compréhensif, il a accepté, et depuis je peux à nouveau dormir ! 

Et pour finir Emilie, avez-vous un dernier mot pour vos lecteurs ?

Un mot ? Alors ce sera « merci ». Merci d’accueillir et d’aimer mes personnages, qu’ils ne soient pas seuls et perdus après avoir quitté le nid. Merci de prendre le temps de venir vers moi après vos lectures pour me dire ce que vous avez aimé, ce qui vous a manqué, ce qui vous a fait vibrer, ce que vous auriez voulu avoir en plus… Merci de partager toutes vos émotions et réflexions avec moi. J’essaye de prendre le temps chaque fois de vous répondre, mais si je rate certains posts, j’en suis désolée. Je suis une débutante sur les réseaux sociaux, alors parfois j’ai des loupés. Mais sachez que chaque remarque, chaque impression laisse son empreinte dans mon esprit et fait évoluer mon écriture, et ma façon d’aborder mes histoires. C’est une aide précieuse pour grandir et se renouveler, d’autant que l’écriture est un acte solitaire. Alors… Merci à toutes.

Un très très grand merci Emilie pour vos réponses ! C'est vraiment beaucoup de plaisir de vous lire et d'en savoir plus sur "Les délices d'Eve", mais aussi sur vous. J'ai transmis votre roman à Alex O’Loughlin il doit vous contacter 😉 et j'ai hâte de découvrir ce que vos autres romans vont nous réserver (surtout avec Sébastien !). Je suis sûre que cela va donner envie à bon nombre de lecteurs de vous lire rapidement, en tout cas moi je file dorénavant me plonger dans "L'autre chemin" qui attend dans ma PAL.

Je vous rappelle pour finir que Les délices d'Eve d'Emilie Collins est disponible dans la Collection &moi, tout comme son premier roman L'autre chemin.